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Dr. Tewfik Hamel : « Le terrorisme risque de devenir ingérable dans un proche avenir » (Partie 1)

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Mohsen Abdelmoumen : Quelle est votre lecture du bras de fer qui oppose en ce moment l’Arabie saoudite et ses alliés, avec le Qatar ? Certaines sources évoquent même le risque d’une guerre dans la région. Qu’en pensez-vous ?

 

tewfik-hamel-780x300-copie.jpg    Dr Tewfik Hamel : De nombreux points se chevauchent et méritent d’être soulignés notamment la période de changement dans le monde arabe qui ne sera pas courte, mais une lutte constante entre les forces qui tentent de définir l’avenir de la région. Les conflits internes sont en partie associés à ces changements. Il y a ensuite la confusion intellectuelle autour de la nature de cette conflictualité. À cela s’ajoute la montée de l’Iran et un sentiment d’insécurité des Saoudiens impossible à apaiser. Enfin, le rôle des États-Unis :

Le Moyen-Orient est l’une des régions les plus militarisées au Monde. La région est traversée par des rivalités régionales, guerres des ressources, difficultés économiques, tensions identitaires, etc. Toutefois, quel est l’antagonisme directeur ? L’Iran est devenu un acteur incontournable dans la plupart des questions arabes y compris au Liban, Palestine, Syrie, Yémen. La guerre régionale n’est pas inévitable, pas plus que la paix. Ni la paix, ni la guerre ne semble souhaitée par la majorité des dirigeants arabes. Ceux-ci continuent de préférer le retour au statu quo qui garantirait, à leurs yeux, la sécurité au moindre coût. Mais les Saoudiens sont sur une ligne tout à fait différente et dangereusement glissante. Plusieurs lectures existent sur la conflictualité dans la région. Chacune a son angle d’analyse. Le mini-choc de civilisation (sunnites/chiites, Arabes/Perses) est le plus populaire. Le facteur identitaire n’est pas le plus déterminant dans ce conflit car le rôle de l’identité est souvent exagéré. Les divisions politiques fondées sur l’idéologie sont souvent plus importantes que les différences ethniques ou raciales (la confrontation entre le Fatah et le Hamas en Palestine, par exemple). Le sectarisme dans la région est un produit de la confusion intellectuelle. Les causes des divisions humaines sont multiples et enchevêtrées, y compris les conflits d’intérêts, les structures de pouvoir rivales et la concurrence pour les ressources. Les institutions étatiques jouent un rôle-clé – ce sont elles qui définissent les règles de l’appartenance politique, la représentation et l’allocation des ressources. L’appartenance à ces institutions, la représentation et l’allocation des ressources sont structurées selon des critères culturels préalablement établis, mais l’« identité politique » domine le jeu politique.

Dans plusieurs pays de la région, les populations sont divisées non seulement par les allégeances ethniques et religieuses, mais aussi par des revendications rivales sur les réserves pétrolières et les ressources. La question des ressources est importante dans l’apparition des conflits et l’intensité qu’ils prennent. La plupart des conflits sociaux sont fondés sur la répartition inégale des ressources rares. Les sentiments de types identitaires, religieux ou idéologiques sont délibérément provoqués et alimentés par des acteurs qui espèrent construire un capital politique à travers la manipulation de tels sentiments. Cependant, ni la manipulation des loyautés primordiales ni la survie des images négatives et des croyances dépassées sur l’« Autre » ne causerait beaucoup de tensions ou conflits intergroupes, sauf si les conflits identitaires coïncident avec un accès différencié aux « ressources » au sens wébérien. Max Weber (qui identifie les ressources comme classe, statut et pouvoir) a souligné, à l’instar de Georg Simmel, l’importance des influences transversales qui ont pour origine les différentes structures de l’inégalité. Ainsi, ce qui devient une source importante des conflits sociaux est l’intersection de ces trois systèmes de stratification. Si le public perçoit que le même groupe contrôle l’accès aux trois ressources, il est probable que la légitimité du système soit remise en cause parce que les populations perçoivent que leur mobilité sociale est entravée. Ce facteur est déterminant dans les conflits en cours dans la région. Pendant des années les Houthis au Yémen et les Chiites dans les pays du Golfe ont subi la marginalisation. C’est plus facile pour les régimes du CCG (Conseil de coopération du Golfe) d’ethniciser les revendications des Chiites alors que leurs révoltes sont principalement basées sur l’accès aux ressources. La montée de l’Iran sert de justification à étouffer les revendications démocratiques.

De manière générale, les conflits dits ethniques, sectaires, religieux ne sont pas causés par l’ethnicité ou la religion. Ce que l’on appelle conflit ethnique (Arabe versus Perse) et sectaire (sunnite versus chiite) n’est ni ethnique ni sectaire en soi. Plutôt, il s’agit de luttes pour les leviers du pouvoir et des richesses au sein de la société mais dans lesquelles l’ethnicité et la religion fournissent les ressources culturelles et historiques pour mobiliser le soutien populaire en faveur des régimes en place. Cette tendance à ethniciser les conflits d’intérêts, les luttes pour le pouvoir et les rivalités géopolitiques régionales risque de rendre insolubles les conflits de la région. Plutôt qu’être enraciné dans de vieilles haines ethniques-religieuses, le conflit entre l’Iran et l’Arabie saoudite est fonction de la position relative de l’État et de l’identité des États dominants de la région. Pris dans leur ensemble, la violence culturelle éclate avec plus de véhémence là où le déclin économique, les réformes économiques néolibérales et la transformation institutionnelle ont brisé les anciens contrats sociaux ; c’est-à-dire là où ils ont brisé les anciennes règles et normes permettant l’accès aux ressources politiques et économiques. Dans un sens, la rupture des anciens contrats sociaux conduit à des changements dans le pouvoir politique. Lorsque ces changements de pouvoir sont expérimentés comme discriminatoires et privilégient une ethnie et une religion particulière, le ressentiment offre un terrain fertile aux politiques de mobiliser le soutien autour des identités ethniques et sectaires. Cela est bien visible au Moyen-Orient où chaque camp cherche à mobiliser autour de lui sur une base religieuse.  L’Iran et l’Arabie Saoudite utilisent le même langage. Les luttes internes au Yémen, Liban, Syrie, Bahreïn, Egypte, etc. sont exacerbées par le jeu des puissances régionales – notamment les rivalités entre Ryad et Téhéran où les facteurs identitaires et religieux sont utilisés comme des leviers et des instruments pour l’accès au pouvoir, et la mobilisation des populations (au niveau intérieur) et la quête d’alliance (au niveau extérieur).

Le climat de tension entretenu et sans cesse ravivé entre Riyad et Téhéran n’est pas seulement conjoncturel. Les lignes de fractures identitaires (Arabes versus Perses) et religieuses (Sunnites versus Chiites) se chevauchent aux ambitions géopolitiques. Pour résoudre le « dilemme de sécurité », les Saoudiens se réapproprient et réactualisent la « doctrine de Brejnev », qui prônait la « souveraineté limitée » des États socialistes. Durant le « Printemps de Prague » en 1968, Brejnev expliquait que la Tchécoslovaquie devrait être autorisée à déterminer son propre destin, mais, à terme, son détachement de la communauté socialiste est inacceptable ; il entre « en conflit avec ses propres intérêts vitaux et aurait été préjudiciable aux autres États socialistes ». Le message des Saoudiens semble similaire : tout changement jugé excessif par les Saoudiens serait en contradiction avec leurs propres intérêts vitaux et ceux des autres États monarchiques, et par conséquent, ils n’accepteront aucunement des changements structurels dans les structures de pouvoir. La rupture diplomatique avec le Qatar n’est que la dernière manifestation de l’état d’esprit brejnévien. L’intervention au Yémen, l’aide financière à l’Égypte et le renversement des Frères musulmans, l’intervention en 2011 des forces du CCG au Bahreïn en font partie également. L’autre exemple est la guerre indirecte contre la Syrie. Aux yeux de Riyad, Damas s’est trop éloignée d’elle et cela est intolérable. Au Yémen également, la structure du pouvoir a été bouleversée par l’arrivée des Houthis et cela risque d’avoir de profondes implications nationales et régionales.

Mais étant donné les bases psychologiques de la perception des vulnérabilités internes de Riyad, son sentiment d’insécurité ne peut pas vraiment être apaisé. Aucun contrat d’armements ni mesure de confiance ne mettra fin à la paranoïa des dirigeants saoudiens. En effet, lorsque le dilemme de sécurité est le produit de l’environnement extérieur, les États peuvent désamorcer les tensions grâce à des mesures d’établissement et/ou de renforcement de la confiance. De telles mesures sont importantes pour surmonter (au moins temporairement) la nature anarchique du système international notamment entre l’Iran et ses voisins du Golfe. Inversement, les bases psychologiques des vulnérabilités internes sont beaucoup plus difficiles à apaiser. Les sources internes d’insécurité des États présentent un défi particulier pour les décideurs. Les craintes d’ingérence ne sont pas générées par les politiques des autres États, mais par les vulnérabilités internes des États eux-mêmes. Ainsi, les États ayant des vulnérabilités internes ne peuvent pas être facilement apaisés par des mesures de renforcement de confiance. Sous cet angle, tout changement sera considéré comme une instabilité et une menace par les Saoudiens. Aucun contrat d’armement ne peut apaiser le sentiment d’insécurité de Ryad.

L’hostilité américano-iranienne trouve ses racines dans leurs visions opposées de l’avenir du Moyen-Orient. Après avoir complété son encerclement, les États-Unis travaillent à son isolement politique et diplomatique et s’efforcent d’endiguer l’influence de l’Iran en dehors de ses frontières. Cette détermination s’explique en partie par la position stratégique de l’Iran, qui grâce à ses potentialités humaines et économiques, son indépendance et sa coopération avec Pékin et Moscou, renforce son statut de puissance régionale moyenne et apparaît comme le dernier rempart contre une mainmise durable des États-Unis sur l’ensemble de la région. Téhéran poursuit un objectif géopolitique d’envergure : rompre son isolement et devenir le moteur de l’opposition à la présence militaire américaine au Moyen-Orient. L’Iran a appris le pragmatisme et ses dirigeants pratiquent une politique d’ouverture diplomatique tous azimuts. Déjà allié de la Russie et coopérant avec la Chine, l’Iran n’hésite pas à utiliser la carte de la fraternité islamique et à mobiliser le capital de la solidarité tiers-mondiste. La politique étrangère iranienne ne peut pas avoir l’image d’un grand délinquant. La stratégie iranienne apparaît ainsi comme un mélange de visées régionales et de dissuasion contre certaines menaces ; le tout associé à une tentative de créer un système coopératif d’alliances. L’Iran veut installer au Moyen-Orient un ordre alternatif à l’hégémonie américaine.

La nouvelle répartition mondiale de puissance, combinée aux contraintes financières, a conduit les États-Unis à privilégier un engagement sélectif visant à étendre leur contrôle par la réalisation d’une « domination pragmatique » en dominant l’Europe, l’Asie du Nord-est et le Golfe Persique ; les trois régions qui comptaient le plus où les États-Unis ont maintenu une présence militaire permanente pour empêcher l’émergence de nouveaux pôles de puissances et pour maintenir le type de paix et stabilité régionales jugé essentiel et favorable pour soutenir un ordre international dominé par les États-Unis. Dès le début des années 1940, les États-Unis ont cherché à atteindre une hégémonie extrarégionale. S’ils ne réussissent pas toujours à avoir tout ce qu’ils veulent, ils obtiennent l’essentiel la plupart de temps. Dominer ces trois régions – qui n’ont jamais été abordées séparément par les stratèges et planificateurs de la défense – signifie dominer le commerce du pétrole et environ 70% du PIB mondial. L’objectif des Américains est de façonner des structures régionales de sécurité basées sur  la création, puis l’institutionnalisation, de solides équilibres régionaux de puissance dans lesquels l’Amérique joue un rôle central. Si ce processus est déjà à un stade bien avancé en Europe, le même objectif est poursuivi dans le Golfe et l’Asie de l’Est. L’Iran en est devenu le plus grand obstacle.

Les États-Unis visent à parvenir à une nouvelle architecture de sécurité capable de sécuriser les flux d’énergie dans un contexte marqué par un rééquilibrage vers l’Asie-Pacifique et le retour de la Russie au Moyen-Orient, dans un climat de tensions croissantes. Simultanément, la vente d’armes est susceptible de renforcer le niveau de la dissuasion régionale et de contribuer à réduire la taille des forces américaines que les États-Unis doivent déployer dans la région pour les redéployer en Asie. L’austérité financière a conduit à la baisse des dépenses de défense et de cette façon, Washington fait participer les pays du Golfe à leur défense conformément à la promesse du candidat Trump. Dans leur best-seller Strategy and Arms Control (1961), Thomas C. Schelling et Morton H. Halperin ont fait valoir que le contrôle des armements et la politique militaire doivent être attachés aux mêmes buts fondamentaux de sécurité : empêcher la guerre, minimiser les coûts et les risques de la course aux armements, et restreindre la portée et la violence de la guerre dans l’éventualité où elle devrait se produire.

On a de moins en moins d’informations, voire aucune, à propos de la situation des opérations sur le terrain contre Daech que ce soit en Syrie ou en Irak. Comment expliquez-vous ce blackout ?

Le paysage de la sécurité dans cette partie du monde est extrêmement volatile – chacun a le doigt sur la gâchette. La stratégie poursuivie par les acteurs impliqués dans ce conflit (y compris les Européens, Américains, et en particulier les Turcs, Saoudiens, etc.) – considérant le terrorisme comme, pour paraphraser Carl von Clausewitz, « la continuation de la politique par d’autres moyens » – a montré ses limites. De la même façon qu’il est vivement déconseillé d’exhorter un militaire à désobéir au civil/politique et cela quels que soient le contexte et l’urgence par crainte de créer un précédent, il est vigoureusement conseillé de bannir le terrorisme comme stratégie. Car, il est impossible de manipuler le terrorisme sans en subir les conséquences. Comme chacun des acteurs impliqués y voit un jeu à somme nulle, le chaos était inévitable. La Syrie est un mélange explosif fait de rivalités géopolitiques régionales, luttes pour les ressources, jeu des grandes puissances, instrumentalisation de la religion et manipulation de l’identité, difficultés économiques et sociales, changements structurels et aspirations démocratiques des populations. Ce qui différencie la Syrie des autres endroits où le terrorisme est utilisé comme une stratégie, c’est qu’en Syrie les masques sont tombés. En Syrie, le récit stratégique de la guerre a perdu sa cohérence, devenant incapable d’assumer et de rationaliser les contradictions qui lui sont inhérentes. Le récit d’un conflit est en effet un aspect important de légitimation et de création d’un consensus sur l’utilisation de la force. La tâche est plus compliquée avec la connectivité mondiale croissante.

Sur le plan militaire, la dynamique de la guerre est en faveur de l’État syrien avec ses allies. La lutte antiterroriste n’a jamais été une priorité pour les États-Unis, ni pour la France ni pour la Grande-Bretagne. La lutte contre le terrorisme a été subordonnée à l’objectif principal qui est le renversement du président Bachar el-Assad. D’un point de vue du droit international, seule l’intervention russe est légale. L’intervention de la Russie dans la guerre syrienne a change la donne. La hausse des tensions entre la Russie et l’Occident, l’énorme investissement et implication des Russes dans ce conflit par procuration, l’importance de l’enjeu pour le futur environnement de sécurité, il est peu probable que les Russes lâcheront la Syrie. Si une escalade verticale sera certainement évitée, il faut s’attendre en revanche à une escalade horizontale (création de troubles et foyers de tensions de basse intensité dans d’autres régions d’intérêts). Cette volonté d’éviter une escalade verticale et la perte de contrôle sur le terrorisme qui risque de devenir ingérable a conduit les pays occidentaux à réajuster leur stratégie en Syrie. Le départ de Bachar el-Assad est rarement évoqué. Le discours élaboré pour des raisons politiques ou militaires peut avoir des effets inverses à ceux recherchés. Le discours de la guerre est le cadre d’organisation de la politique et le fondement de toute stratégie.

Une erreur d’appréciation et/ou de formulation pourrait conduire à des choix opérationnels catastrophiques. L’importance qu’accordent les systèmes politiques et militaires à la création et au contrôle du langage dans la guerre est un élément-clé du conflit. En Syrie, les contradictions sont telles qu’elles ne peuvent pas être rationalisées. Comment convaincre les gens que le Front Al-Nosra fait un bon boulot ? Ou que l’Arabie Saoudite combat le terrorisme ? C’est une blague ! Qui pourrait croire que l’enjeu est la défense de la démocratie en Syrie? L’écart entre la réalité (les objectifs cachés) et le discours (objectifs déclarés de la coalition États-Unis, Turquie, Golfe persique et quelques capitales européennes) est tellement grand qu’aucun ajustement n’est possible sans remettre en cause la stratégie en cours. Le discours vise à traduire des représentations médiatiques de la guerre, plutôt que de tenter de représenter directement la guerre, une œuvre d’art qui cherche à trouver un langage communicable de sensations et d’effets avec lequel il est possible d’enregistrer quelque chose de l’expérience de la guerre. En d’autres termes, les changements dans les stratégies militaires, les idéologies et les pratiques politiques, etc. impliquent toujours une dimension linguistique importante. La guerre par procuration en Syrie est à la fois une série de pratiques institutionnelles et un ensemble de récits politiques l’accompagnant. Le « blackout » traduit un changement de stratégie en Syrie dont les contours ne sont pas encore clairs.

En référence à la Seconde guerre mondiale, Allan R. Millett et Williamson Murray écrivent ceci : “No amount of operational [or tactical] virtuosity […] redeemed fundamental flaws in political judgment. Whether policy shaped strategy or strategic imperatives drove policy was irrelevant. Miscalculations in both led to defeat, and any combination of politico-strategic errors had disastrous results, even for some nations that ended the war as members of the victorious coalition. Even the effective mobilization of national will, manpower, industrial might, national wealth, and technological know-how did not save the belligerents from reaping the bitter fruit of severe mistakes [at this level]. This is because it is more important to make correct decisions at the political and strategic level than it is at the operational or tactical level. Mistakes in operations and tactics can be corrected [admittedly at a cost]. But political and strategic mistakes live forever”. (« Aucune quantité de virtuosité opérationnelle [ou tactique] […] n’a racheté les défauts fondamentaux dans le jugement politique. Que la politique ait formé la stratégie ou que les impératifs stratégiques aient conduit la politique était hors sujet. Les erreurs de calcul dans les deux ont conduit à la défaite, et toute combinaison d’erreur politico-militaire a eu des résultats désastreux, même pour certaines nations qui ont mis fin à la guerre en tant que membres de la coalition victorieuse. Même la mobilisation efficace de la volonté nationale, de la main-d’œuvre, de la force industrielle, de la richesse nationale et du savoir-faire technologique n’a pas permis aux belligérants d’éviter les fruits amers de graves erreurs [à ce niveau].C’est parce qu’il est plus important de prendre des décisions correctes au niveau politique et stratégique que sur le plan opérationnel ou tactique. Les erreurs dans les opérations et les tactiques peuvent être corrigées [certes avec un coût]. Mais les erreurs politiques et stratégiques vivent pour toujours« ). À ce titre, l’intervention américaine en Irak en 2003 fut une “erreur politico-stratégique” susceptible d’être la cause du “moment de Suez” de l’Amérique dans la région. Un engagement en Syrie pourrait constituer une autre “erreur stratégique”, au mieux une “operational or tactical virtuosity” c’est-à-dire inutile.

Vous travaillez sur le concept du terrorisme hybride. Sommes-nous face à une transformation majeure du terrorisme et des groupes terroristes ? Et quelles seront les conséquences de cette hybridité du terrorisme ?

« Hybride » fait référence à la relation d’osmose entre terrorisme et criminalité. Le terrorisme est utilisé dans la poursuite d’objectifs ethno-nationaux, religieux ou révolutionnaires. La criminalité organisée, en revanche, cherche un gain matériel par la contrebande d’armes, de drogues, de biens de consommation, le trafic d’êtres humains, le transfert de fonds illégaux, etc. Un groupe terroriste n’a pas besoin de compter sur un réseau étendu à l’instar du crime organisé. Par définition, le terrorisme est principalement motivé par des objectifs politiques. L’aspect financier des activités terroristes est un moyen pour atteindre une fin, ce qui fait que le groupe terroriste se livre à des actes de violence beaucoup plus audacieux et risqués que ne le fait un groupe du crime organisé. Ce qui est important au sujet d’un acte terroriste, c‘est qu’il est utilisé pour attirer l’attention sur les objectifs politiques. Essentiellement le terrorisme est un théâtre. Il est donc a priori difficile d’imaginer comment ces deux fléaux feraient cause commune et selon quelles modalités des terroristes à idéal politique coopèreraient avec les cartels et réseaux de criminels internationaux, motivés eux par le profit, et vice versa.

Se lancer dans la violence pour le pouvoir (le terrorisme) ou pour le gain matériel (entreprise criminelle) comporte des objectifs différents. Pourtant des convergences sont possibles. Les distinctions faites entre les deux – souvent focalisées sur les motivations – ne sont plus d’actualité – d’abord, du fait que les terroristes subviennent toujours plus à leurs besoins par des activités criminelles. AQMI et Daech illustrent cette « tendance ». En effet, en partie à cause du tarissement des sources traditionnelles de leur financement, les terroristes et les insurgés se tournent de plus en plus vers le crime pour générer des fonds et acquérir le soutien logistique de criminels. Dans certains cas, les terroristes et les insurgés préfèrent eux-mêmes mener des activités criminelles ; quand ils ne peuvent pas le faire, ils se tournent vers les individus et les facilitateurs extérieurs. Les services de renseignement américains ont signalé que plus de 40 organisations terroristes étrangères ont des liens avec le trafic de drogue. Certaines organisations criminelles ont adopté une violence extrême et généralisée dans un effort manifeste d’intimider les gouvernements à divers niveaux. L’intersection des réseaux criminels et des organisations terroristes peut être largement regroupée en trois catégories ; la coexistence (occuper et opérer dans le même espace géographique en même temps) ; la coopération (décider que leurs intérêts mutuels sont servis en travaillant temporairement ensemble ou gravement menacés s’ils ne le font pas) ; et la convergence (chacun commence à adopter les comportements qui sont le plus souvent associés à l’autre). Le plus inquiétant étant la prolifération à travers le monde de croisements en même temps de ces trois tendances.

À bien des égards, la criminalité transnationale est ainsi devenue un instrument des groupes et réseaux terroristes. Il n’y a pas que le trafic de drogue, mais aussi des médicaments, des cigarettes, de la traite humaine, etc. Les deux entreprises, terroriste et criminelle, usent de violence illégale dans leur quête de pouvoir pour l’une, ou de profit pour l’autre. Théoriquement, les « combattants » de ces deux types d’entités peuvent être classés comme des criminels internationaux car ils commettent des actes prohibés par les lois nationales, le droit pénal international et les accords internationaux. En effet, les distinctions hier claires entre terrorisme et criminalité organisée sont devenues obscures, surtout en matière de motivation, de taille et de mode d’organisation de ces diverses entités dangereuses.  Désormais, criminels et terroristes opèrent plutôt en structures cellulaires décentralisées, tendent à cibler les civils, usent de tactiques similaires telles que l’enlèvement et le trafic de drogue.

Dans la conduite de leurs activités illégales, les motivations et le comportement sont différents, mais ils partagent de nombreuses caractéristiques communes. Ils emploient souvent les mêmes itinéraires : blanchir leur argent en utilisant les mêmes schémas, et mener des activités multiples et parallèles. Également, les crises et les catastrophes humanitaires, le nettoyage ethnique, les guerres et les insurrections sont également devenus des occasions pour le crime organisé et le terrorisme. « Les personnes désespérées qui fuient leurs États sont une cible facile ». D’où l’intérêt d’avoir des yeux centrés sur la manière dont les conflits sont financés. Politiquement et juridiquement, le financement des conflits se réfère aux activités ou aux relations qui génèrent des revenus pour les groupes armés ou les parties impliqués dans un conflit. Dans les économies de guerre irrégulières, la coïncidence de la violence armée et des économies informelles offre aux acteurs impliqués un accès unique aux opportunités économiques. Les limites de l’opportunité économique sont définies principalement par la force relative des factions belligérantes. Des options extérieures sont toujours présentes, y compris des dons (par exemple d’une diaspora), le détournement des flux d’aide ou le parrainage de l’État (fournitures d’armes et assistance militaire).

Malgré leurs objectifs stratégiques divergents, les terroristes, les criminels et les insurgés semblent de plus en plus collaborer. De nombreux observateurs estiment que les groupes terroristes et les réseaux criminels transnationaux partagent plusieurs caractéristiques, méthodes et tactiques. Il existe de nombreux exemples démontrant qu’il ne s’agit pas d’une coïncidence, mais sont indicatifs d’une tendance traduisant une menace croissante pour les intérêts de sécurité de nombreux pays y compris l’Algérie. Les liens profonds entre terrorisme, production de drogue et insurrection en Afghanistan et en Colombie sont bien connus. Au Sri Lanka, les Tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE) ont fait des millions de dollars grâce à la cybercriminalité, et pendant des années ont utilisé la puissance militaire pour exercer un contrôle de facto sur un vaste territoire. Au Sahel, Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) est financé en partie par la protection des routes de trafic et par des campagnes d’enlèvement. Dans le sud du Nigéria, le Mouvement pour l’émancipation du delta du Niger (MEND) combine vols de pétrole, enlèvement et rébellion ethnique, et récemment a ajouté le terrorisme à son répertoire. En Somalie, on s’inquiète de la possibilité que les activistes islamistes taxent, contrôlent ou même investissent dans l’industrie de la piraterie.

Selon The Financial Action Task Force, « les enlèvements pour rançon en tant que méthode de financement du terrorisme ont été identifiés dans le monde entier par les organes d’application de la loi comme une source importante de revenus pour les groupes terroristes qui opèrent souvent dans des pays politiquement instables où l’autorité centrale est souvent faible, et la corruption endémique dans le secteur tant public que privé, et où le tissu social s’est déchiré à un degré considérable. Des millions de dollars provenant du versement de rançons sont tombés dans l’escarcelle d’organisations terroristes, qui se servent de réseaux de facilitateurs pour acheminer cet argent par le biais de systèmes officieux de transfert de fonds mais aussi, ce qui est plus inquiétant, par le biais d’institutions financières légitimes, banques et maisons de change par exemple». AQMI seule a recueilli au moins 65 millions de dollars en paiements de rançons de 2005 à 2011, ce qui représente une part importante de son budget annuel, qui s’élève à environ 15 millions d’euros par an.

Il est de plus en plus difficile de faire la distinction entre les terroristes et les criminels internationaux transnationaux. Ils partagent tous deux des points communs opérationnels et organisationnels et leurs actions semblent être de plus en plus floues. D’où désormais, peu de véritables batailles militaires, mais des escarmouches et une tendance des milices à cibler les civils ; même si parfois elles reçoivent des aides extérieures, les nouvelles économies de guerre dépendent clairement du pillage, du marché noir et d’un usage continu de la violence. Les recherches menées par l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime révèlent qu’au cours de la dernière décennie, il y a eu augmentation significative de l’activité criminelle et terroriste en Afrique. La crise actuelle de la sécurité dans le Sahel est expliquée par les liens entre criminalité, crime organisé et terrorisme. Le commerce des stupéfiants, par exemple, a le potentiel de fournir aux groupes terroristes un bonus supplémentaire : les recrues et les sympathisants parmi les agriculteurs appauvris, négligés et isolés qui non seulement peuvent cultiver des cultures de drogue, mais aussi populariser et renforcer les mouvements anti-gouvernementaux.

Les motifs politiques de répandre la terreur ont joué un rôle limité dans les prises d’otages d’AQMI. Bien que les revendications politiques fussent parfois exprimées par AQMI dans les messages affichés sur Internet, les données disponibles suggèrent que toutes les libérations de ressortissants occidentaux ont été obtenues grâce à des paiements de rançon, dans certains cas, associés à la libération par le Mali ou la Mauritanie de prisonniers liés à AQMI ou MUJAO. Dans un certain nombre de cas, la tentative de sauvetage ou le refus de payer des rançons a conduit à la mort des otages. Le commerce des otages est une activité lucrative. Les enlèvements d’otages ont rapporté au moins 125 millions de dollars aux groupes terroristes affiliés à Al-Qaïda depuis 2008. La France en a payé près de la moitié, selon une enquête du New York Times. À partir de février 2013, les autorités italiennes ont arraisonné vingt navires avec, en tout, 280 tonnes de cannabis à bord qui avaient apparemment transité par des zones libyennes contrôlées par Daech qui aurait prélevé une « taxe » pour laisser passer cette marchandise illégale. Ces trafics influent profondément sur la lutte anti-terroriste. Il y a en effet des faits avérés sur le fait que les islamistes sous-traitent pour les narcotrafiquants. Ils assurent la sécurité et la logistique des convois de cocaïne latino-américaine. Une prestation de service qui risque d’évoluer vers le pire au cas où un groupe terroriste (Al-Qaïda, Daech, ou d’autres) arrive à avoir le contrôle ou la direction du processus du trafic de drogue. « Des indices laissent croire que cette évolution est en train de se concrétiser sur le terrain pour faire apparaître sur la scène des narcoterroristes islamistes », a déclaré le Directeur de l’INESG, le docteur Lyes Boukra, qui fut parmi les premiers à attirer l’attention sur le phénomène.

Des enquêtes récentes montrent que le commandement central d’Al-Qaïda, installé au Pakistan, supervisait les négociations des rançons d’otages capturés en Afrique. AQMI, Shebabs en Somalie et Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA) ont développé un protocole commun pour les enlèvements et le processus de négociation. Ils vont jusqu’à sous-traiter les prises d’otages à des groupes criminels qui toucheront une commission de 10 % sur la rançon. Ces versements de rançons représentent désormais la moitié des revenus opérationnels d’AQPA. Cette pratique criminelle est souvent perçue comme présentant de faibles risques, de faibles coûts et d’énormes récompenses. Un seul paiement de rançon pourrait couvrir plusieurs mois de dépenses opérationnelles. Dans une lettre de 2012 à AQMI,  le fondateur de l’AQPA, Nasser al-Wahishi, a écrit que « la plupart des coûts de la bataille, sinon tous, ont été payés à travers les dépouilles (ndlr : butin). Près de la moitié des dépouilles proviennent de prises d’otages », une source de financement facile et presque sans risque « que je décrirais comme un commerce lucratif et un précieux trésor », dit-il.

À cause des ces pratiques et manque de coopération (voire la complicité dans certains cas) de certains États occidentaux, la situation courante en Afrique est caractérisée par la multiplication des enlèvements et des prises d’otages dans le dessein d’obtenir des fonds et des concessions. Les concessions obtenues constituent des gains politiques de grande valeur et les rançons versées servent à financer d’autres activités terroristes, ce qui accroit l’activité de ces groupes, multiplie le nombre des victimes et perpétue le problème. Nous assistons à une croissance et à des évolutions à différents niveaux dans les pratiques de rançons et prises d’otages ;

1-Hausse du nombre de groupes pratiquant les enlèvements contre rançon (AQMI, Al Mourabitoune, Boko Haram, Ansaru, El Shabab, etc.) ;

2-Hausse du nombre de cas et grande variété des cibles (travailleurs du secteur humanitaire, opérateurs économiques et leurs familles, touristes, religieux, agents diplomatiques, étudiants, populations vulnérables, dignitaires communautaires et leurs familles)

3-Hausse des montants exigés par les groupes terroristes et complication des autres revendications pour obtenir la libération des otages. Le butin des prises d’otages est florissant: en 2003, la première rançon jamais versée s’élevait à 200.000 dollars par otage. Aujourd’hui, elles peuvent atteindre les 10 millions de dollars.

En effet, les groupes criminels organisés peuvent se livrer à des tactiques terroristes, et les groupes terroristes peuvent se livrer à des activités criminelles organisées. Ces deux acteurs ont des objectifs très différents et ces objectifs peuvent imposer des contraintes très différentes. Les entités criminelles menacent l’économie nationale, la qualité de vie et la sécurité des citoyens. Elles posent de sérieuses menaces à la sécurité nationale et internationale et sont extrêmement résistantes aux efforts visant à les contenir, perturber ou détruire. Ces organisations menacent la stabilité d’un pays ou d’une région, la structure et l’autorité politique légitime. Les organisations et éléments criminels profitent des technologies de l’information et de communication, et de la prolifération des armes pour développer des capacités sophistiquées. L’impact social, économique et politique destructeur de la criminalité va augmenter à la fois dans sa gravité et sa sophistication. Pourtant elles avaient l’air d’être faciles à négliger parce qu’elles sont si variées dans leur nature et portée. De plus, leurs effets sont masqués par le fait que beaucoup sont un peu plus progressives et insidieuses avec des conséquences à long terme plutôt qu’immédiates. En effet, à l’exception du terrorisme, les menaces transnationales pèsent moins dans les considérations de la sécurité mondiale que les rivalités géopolitiques et autres guerres régionales.

Souvent les terroristes et les criminels agissent à partir des mêmes itinéraires et réseaux. Avant de devenir un terroriste célèbre, Mokhtar Belmokhtar était contrebandier – on le surnommait même « Mister Marlboro ». La cellule d’Al-Qaïda qui a commis les attentats à la bombe de mars 2004 à Madrid fournit un autre exemple de cellules terroristes dont les membres ont utilisé de vastes efforts criminels pour financer leurs opérations. L’un des meneurs et plusieurs complices étaient des trafiquants avant qu’ils ne se radicalisent et rejoignent la cellule de Madrid. Ces terroristes ont vendu des stupéfiants pour payer des voitures, des téléphones et autres supports logistiques et des armes. L’un des cerveaux des attentats à la bombe de Madrid aurait été Jamal Ahmidan, un important trafiquant de drogue qui vendait du haschich et d’autres produits connexes dans toute l’Europe occidentale dans les années 1990. Ahmidan semble s’être d’abord intéressé à l’idéologie islamiste en purgeant une peine d’emprisonnement en Espagne en 1998, puis a été totalement radicalisé dans une prison marocaine de 2000 à 2003.

Tout cela a des implications profondes et durables. Les entités criminelles et terroristes savent résister à tout ce qui vise à les contenir, perturber ou détruire. Elles menacent la stabilité d’un pays ou d’une région, les structures et l’autorité politique. Ensemble, cette combinaison peut finalement provoquer un ‘chaos’, c’est-à-dire, saper la société comme les termites rongent une maison en bois. Ces « réseaux de crime organisé-corruption peuvent être compris comme le virus VIH de l’État moderne, contournant et brisant ses défenses naturelles », prévient Phil Williams. Elles sapent l’autorité et la légitimité de l’État et corrompent aussi le tissu social. Plus inquiétante est l’habileté croissante des organisations criminelles et terroristes à exploiter la diffusion mondiale des réseaux sophistiquées d’information et financiers. Ainsi, les organisations et les réseaux basés en Amérique du Nord, Europe, Amérique, au Moyen-Orient, Asie, etc. élargissent l’échelle et la portée de leurs activités. Ils formeront des alliances lâches les uns avec les autres, avec de petits criminels, et avec des insurgés pour des opérations spécifiques. Ils vont corrompre des dirigeants d’États instables économiquement fragiles ou faillis, s’insinuer dans les banques et les entreprises en difficulté, et coopérer avec les mouvements politiques insurgés pour contrôler les zones géographiques importantes.

Il n’est pas exclu que ces entités puissent développer une vraie conscience politique. En tant que pratique établie, le crime ne fait pas partie du programme de consolidation de la paix. Au lieu de cela, il a été traité comme une question distincte de la stratégie d’application de la loi. Cette division repose sur l’idée fausse que le crime organisé ne traite pas du pouvoir politique. Cependant, nous savons maintenant qu’une caractéristique importante du crime organisé est sa relation intime avec les acteurs politiques complices. Les organisations criminelles poursuivent des stratégies politiques pour prendre le contrôle et le pouvoir. La différence entre les protagonistes politiques et criminels pourrait, dans certains cas, résider dans leurs stratégies plutôt que dans leurs objectifs. C’est une partie de la logique stratégique des réseaux illicites d’avoir une influence sur les ressources et les branches gouvernementales de manière dissimulée plutôt que de faire la concurrence publique pour le pouvoir politique. À long terme, ces influences et ces méthodes voilées d’exercice du pouvoir ont des conséquences néfastes sur la qualité institutionnelle de la gouvernance et sur la légitimité des autorités, ainsi que dans les États ou régions non directement touchés par les conflits armés.

La collecte de renseignements concernant le lien entre criminalité et terrorisme semble insuffisante. Cela suggère une compréhension incomplète de la portée et de la nature des relations entre terroristes et criminels. L’amélioration de la collecte et l’analyse de renseignement sur la criminalité transnationale organisée comme une première étape semble nécessaire. Le lien entre terrorisme et activités criminelles doit faire partie des priorités de la communauté du renseignement. Les estimations sur les menaces et conflits interétatiques sont inadéquats et inappropriées pour faire face aux menaces asymétriques. Ces lacunes sont théoriques et organisationnelles, affectant à la fois la culture à travers laquelle les agents et les analystes des renseignements voient leur travail, ainsi que les structures bureaucratiques qui dictent la compétence et l’autorité. L’organisation précédente des services limitait la gestion efficace de la menace terroriste. Les menaces et les défis auxquels les pays européens font face dans les années 1990 diffèrent sensiblement de ceux qui les guettent aujourd’hui.

Qu’en est-il de la coopération entre les différents services de renseignement occidentaux eux-mêmes et entre les services occidentaux et ceux des pays comme la Syrie, l’Algérie, la Russie, etc. ?

La crédibilité et l’intégrité de la communauté du renseignement dépendent de sa capacité à offrir des évaluations sans pression politique. Donc, pour des raisons d’efficacité, les services  de renseignement doivent être protégés des manipulations politiques. Lorsque l’intelligence est politisée ou perçue comme telle, elle perd sa pertinence comme outil de planification. Chaque controverse sur la politisation du renseignement nuit à son efficacité et image et pourrait marginaliser son rôle dans la formulation et l’exécution de la politique alors que le rôle du renseignement est central face aux menaces asymétriques. S’il est nécessaire d’éviter la politisation des services de renseignements, il est aussi vital d’éviter la « dépolitisation » de la lutte contre le terrorisme, qui n’est pas simplement une question technique. La lutte antiterroriste n’est pas simplement une question de coordination des services, mais une question politique, indissociable du projet politique au sens large.

La prédominance des intérêts géopolitiques, la « dépolitisation » de la lutte antiterroriste et la « technicisation » du terrorisme (c’est-à-dire la dissociation du terrorisme du projet politique) ont conduit à beaucoup de confusion. Les décideurs politiques ont été informés par leurs services de renseignement que l’intervention en Irak conduirait à la hausse du terrorisme. La suite est connue. Également, les pays de l’Otan ont été découragés par les partenaires régionaux des conséquences du renversement du régime libyen. Rien n’a arrêté la machine de guerre de l’Otan qui n’a pas tenu compte des conséquences sur la région ni des intérêts de sécurité nationale de partenaires dans la lutte contre le terrorisme. Que vaut un échange d’informations dans ces conditions pour un État dont les intérêts de sécurité nationale ne sont pas pris en compte ? L’Algérie en paye le prix aujourd’hui. En plus, des dirigeants européens et américains osent insinuer qu’elle est laxiste dans la lutte contre le terrorisme.

Les États-Unis et l’Union européenne utilisent souvent le terme « responsabilité » en direction des pays en développement pour se référer « à la responsabilité d’un père dans l’éducation de ses enfants ». La « logique de la générosité » souvent évoquée traduit une sorte d’« ingérence paternaliste ». Cela donne lieu à des déclarations de la part de dirigeants occidentaux de type « ce que les Africains (les Chinois ou les Indiens, les Indonésiens, ou autres) doivent comprendre, c’est que …». En effet, cette tendance à traiter les cultures et les sociétés non européennes avec mépris et légèreté est profondément ancrée dans la psyché occidentale. Tandis que les Américains véhiculent leur ingérence à travers leur « répandre la liberté », « endiguer la tyrannie », etc., les Européens les formulent sous couvert de « gouvernance », « modernisation », « ajustement sociétal ». « Dans la culture occidentale », affirme Dani Cavallaro, « les idéologies dominantes maintes et maintes fois se définissent dans une relation subordonnée à un Autre […] [et par conséquent] Le Moi et l’Autre sont inextricablement liés ». Tout au long de l’histoire américaine, les différents groupes marginaux comme les femmes, les Afro-Américains et les Amérindiens ont « cycliquement été vus déroger aux normes de la société patriarcale, hétérosexuelle et blanche ».

Chaque État se trouve avec sa propre liste d’organisations terroristes. Pour que la coopération internationale dans ce domaine puisse fonctionner et potentiellement réussir, les pratiques de la guerre ne doivent pas seulement être acceptées, régularisées et institutionnalisées, mais aussi apparaitre comme la seule option pour la paix dans le monde. Mais l’approche américaine en la matière est contestée. Les autorités qui prétendent être en charge de déterminer les paramètres des politiques anti-terroristes doivent se présenter comme disposant des connaissances faisant autorité sur la nature du terrorisme. La nécessité d’une définition cohérente et consensuelle du terrorisme est une base essentielle à une meilleure compréhension. Donc désigner les concepts clairement et précisément reste une condition préalable à une politique efficace. Sans un consensus sur « ce qu’est le terrorisme », il est difficile d’attribuer la responsabilité aux États qui soutiennent le terrorisme, de formuler des mesures appropriées à un niveau international au terrorisme, et de lutter efficacement contre les terroristes. Historiquement, ce sont les grandes puissances qui définissent les règles de jeu et les puissances moyennes sont plus ou moins contraintes de suivre. C’est ce que nous confirme une fois de plus la crise syrienne. Lorsque les tensions caractérisent les relations comme c’est le cas actuellement, il faut s’attendre à des répliques à travers le monde. Les contacts et les échanges sont réduits.

Étant donné la place centrale des États-Unis dans le système international, il convient de s’attarder  un peu sur la puissance américaine. Leur montée en puissance a été spectaculaire. Toutefois, il existe un vide dans la littérature entourant la relation entre les valeurs fondamentales et la politique étrangère des États-Unis. Bien que certains historiens ont mentionné l’importance des valeurs fondamentales, il y a eu peu d’efforts pour élaborer ce que ces valeurs sont réellement et comment elles ont influencé la politique étrangère en même temps que ces valeurs elles-mêmes ont été touchées par la quête continuelle de la sécurité. Ni les histoires régionales ni le propre passé impérial des États-Unis ne sont visibles dans les récits actuels dominants. Les historiens font un travail d’exploitation minutieux des archives disponibles, mais laissent la diplomatie déconnectée de la culture nationale dont elle ressort. Paul Gurland, par exemple, a identifié cinq « impératifs géopolitiques » qui ont « déterminé le comportement » extérieur des États-Unis. Plus important, « ces cinq impératifs stratégiques ne se trouvent nulle part dans la Constitution des États-Unis. Mais chacun des 44 présidents du pays, indépendamment de l’intention, s’est conformé à eux […] Les mêmes impératifs géopolitiques qui ont poussé à ces actions vont façonner les efforts américains dans l’avenir – comme ils l’ont fait depuis 1776 », conclut-il dans un article publié en 2009 sur le site de STRATFOR.

Le thème central de la politique étrangère américaine est l’expansionnisme enveloppé dans un discours idéaliste. « Malgré nos traditions anti-impérialistes, et en dépit du fait que l’impérialisme est délégitimé dans le discours public, une réalité impériale domine déjà notre politique étrangère », conclut Robert D. Kaplan. Les dirigeants américains n’invoquent pas la valeur de la primauté de

l’empire ou d’hégémonie, mais il est probable que beaucoup pensent les objectifs de sécurité nationale en ces termes. La valeur de la primauté est couverte, inconsciemment, dans leurs déclarations publiques par des euphémismes comme « façonner l’environnement international ». « Aucun euphémisme n’est plus surchargé que le « leadership » qui permet le déni et l’affirmation simultanée de la position dominante », explique Richard K. Betts. Les élites américaines y compris les libéraux puisent dans l’« exceptionnalisme américain » et « prétendent à une supériorité morale » – en complément du discours officiel sur le leadership mondial – défendant sans complexe la promotion de l’hégémonie voire de l’empire américain  – ce qui dans les discours et documents officiels est traduit par le concept de leadership. Et comme disait Henry Kissinger, « les convictions que les dirigeants ont formées avant d’atteindre de hautes fonctions sont le capital intellectuel qu’ils consomment aussi longtemps qu’ils demeurent en fonction ».

Dans bien des systèmes politiques démocratiques institutionnalisés, le pouvoir électoral de l’électeur et le débat public ouvert sur la politique étrangère ont tendance à long terme à contrecarrer les idées et politiques expansionnistes excessivement coûteuses. Bien sûr, il y a toujours eu dans l’histoire américaine des dissidents à l’empire – opposés à la guerre et à l’expansion, et voués aux priorités et idéaux domestiques. Pourtant au fil du temps, leur voix  a été marginalisée dans le débat public et la vie politique. Par conséquent, une alliance étrange a réussi à réduire petit à petit des contraintes sur l’utilisation de la force. Dans son explication de la « over-expansion », Jack Snyder estime que plus un État est cartellisé, plus les « attributs de pouvoir – y compris les moyens matériels, les forces organisationnelles et l’information – are concentrated in the hands of parochial groups » (ndlr : sont concentrés dans les mains de groupes à l’esprit de clocher). L’« over-expansion », dit-il,  est « un produit des activités politiques et propagandistes des groupes impérialistes » qui forment des coalitions et utilisent leur pouvoir pour influencer le gouvernement et les médias de manière à inculquer le mythe de la sécurité par l’expansion. Les raisons pour lesquelles les élites peuvent demander une surexpansion  sont variées. Snyder mentionne deux motifs possibles : la politique bureaucratique et les intérêts économiques des groupes industriels puissants. En effet, « parce que les intérêts impériaux et militaires sont généralement plus concentrés que les intérêts anti-impériaux et antimilitaristes, un système politique cartellisé a une chaise à la table des négociations aux intérêts impériaux tandis que les groupes diffus avec des intérêts diffus, comme les contribuables et les consommateurs, sont exclus ». Cela explique pourquoi, historiquement, les défenseurs d’une stratégie de grande retenue n’ont pas beaucoup influencé la politique américaine, ce qui suggère que leur vision de l’échelle et de la portée de la puissance américaine les met en marge du débat politique national.

L’Angleterre est en proie à des attentats réguliers. Comment expliquez-vous que la Grande Bretagne soit devenue une cible majeure ?  Ce pays paye-t-il pour avoir été un jour un sanctuaire pour les terroristes avec le « Londonistan », ou y a-t-il d’autres raisons ?

Le terrorisme est par essence politique. D’une façon ou d’une autre, il est résultat de failles dans le projet politique. De nombreux pays européens n’ont pas pris au sérieux la menace du terrorisme islamiste. Des islamistes recherchés en Algérie par exemple dans les années 1990 ont trouvé refuge en Grande-Bretagne. L’erreur la plus importante est d’abandonner les quartiers populaires à eux-mêmes. Cela a permet aux islamistes de s’insérer dans le paysage local et le tissu social. Lorsque l’État se désengage, la société s’en déconnecte et les gens cherchent refuge dans d’autres structures alternatives, qu’elles soient tribales, culturelles, etc. La quête de sens personnel et d’ordre dans les cadres traditionnels se répand. Avec le retrait de l’État, les populations agissent rationnellement en recherchant des solutions et en s’organisant en conformité avec les allégeances concurrentes à l’État ; elles cherchent des canaux alternatifs de soutien et d’ordre symboliques. La société fait ainsi de plus en plus appel à des outils informels de relations sociales (famille, clan, tribu, religion, etc.) qui se répandent alors que les institutions officielles perdent tout sens d’ordre symbolique ou politique. Là où l’État n’assume pas ses responsabilités, il y aura toujours des acteurs qui prendront le relais. Dans de nombreux États européens, les islamistes ont su profiter de cette situation pour répandre leur idéologie. Et lorsque les États européens ont cherché à y faire face, leurs réponses étaient souvent de type sécuritaire coercitif, et dans certains cas n’ont rien à avoir avec la lutte contre le terrorisme. Les diagnostics alarmistes sur la contrebande et d’autres activités illicites contribuent à affaiblir les capacités de l’État sans améliorer celles nécessaires dans la lutte antiterroriste.

« Londonistan », par exemple, est révélateur du coté folklorique de la manière dont la lutte antiterroriste est menée. Depuis un moment, un certain nombre d’écrivains populaires avertissaient que l’Europe se dirige vers un avenir décrit comme « Eurabia », dans lequel une marée musulmane conduit à la conquête (ou reconquête) de l’Europe. Cette inquiétude est apparue en Amérique (Bernard Lewis, Mark Steyn) et en Europe (Frits Bolkestein, Jean-Claude Chesnais). L’idée générale largement diffusée décrit la Grande-Bretagne comme le « North Pakistan », la France comme l’« Islamic Republic of New Algeria », la Belgique comme le « Belgistan », l’Espagne comme « the Moorish Emirate of Iberia » et l’Allemagne comme la « New Turkey ». Quelle est la part de la vérité ? En tous cas, il n’y a rien d’anodin et cela anticipe une politique particulière. L’Allemagne d’Helmut Kohl par exemple cherchait délibérément à réduire le nombre des Turcs dans le pays. Cela a fait l’objet d’une discussion au sujet d’un plan secret avec le premier ministre britannique Margaret Thatcher en octobre 1982. Les notes britanniques de ces réunions révèlent que « le Chancelier Kohl a dit […] qu’il serait nécessaire de réduire le nombre des Turcs de 50 % au cours des quatre prochaines années – mais il ne pouvait pas le dire publiquement ». « L’Allemagne n’a pas de problème avec les Portugais, les Italiens et même les Asiatiques du Sud parce que ces communautés s’intègrent bien », dit-il, selon les notes britanniques. « Mais les Turcs étaient d’un genre de culture très différent […] L’Allemagne (de l’Ouest) avait intégré 11 millions d’Allemands des pays d’Europe orientale. Mais ils étaient Européens et ne représentent pas un problème ».[1] Une perception qui est toujours d’actualité et largement répondue dans le reste de l’Europe.

En effet, nommer ou caractériser un espace de cette manière n’est jamais neutre. Les concepts « Londonistan », « balkanisation », « irakanisation », « afghanisation », etc. ont un sens et induisent en erreur lorsqu’ils sont utilisés dans d’autres contexte que le leur. Un sujet aussi grave –car lorsque les gens meurent c’est grave – doit être abordé par les hommes politiques et praticiens de sécurité avec plus de décernement en évitant ces formules et slogans de marketing. Le recours à ces métaphores et analogies historiques et géographiques n’est pas anodin mais anticipe une certaine politique et participe à façonner une certaine vision-image. « Londonistan » fait partie d’un processus que John Agnew appelle la « domesticating the exotic », un processus qui décrit la façon dont des dirigeants politiques, des universitaires et des médias recyclent des termes ou noms géographiques afin de familiariser des situations inhabituelles dans un vocabulaire élaboré à partir de certaines expériences antérieures. Ces analogies (qui évoquent l’image d’un lieu d’un passé « connu » de guerres intestines et traumatismes historiques pouvant être projetée ailleurs) ont pour effet de désigner et d’expliquer de manière putative des situations bien au-delà du contexte historique et géographique d’origine, mais elles portent avec elles des significations chargées qui exposent la spécificité de leurs origines en termes politiques basés sur des stéréotypes. De cette manière, elles projettent la nature d’un lieu donné sur un endroit et, implicitement, identifient les parties du lieu d’origine comme analogue aux parties du lieu d’application. En clair, les comptes de « ce qui s’est passé » dans un endroit spécifique sont projetés comme des explications putatives sur un autre endroit. Ce qui, au final, permet de comprendre un endroit en termes familiers, mais pas nécessairement de façon empirique et précise.

Ces division puisent dans, et traduisent, des imaginaires géopolitiques particuliers. Il s’agit de manières de décrire la réorganisation de l’espace politique, mais aussi du temps politique. Ces notions de « Londonistan » marquent une volonté de distanciation à l’ère de la mondialisation. Au cœur de ce processus, il y a l’idée de distinguer le « Moi/Nous » et l’« Autre/Eux », l’un des sujets principaux de la philosophie occidentale. Traditionnellement, tout ce qui est méprisable est « l’Autre » qui se trouve à « l’extérieur » et vice versa (« Autre » et « extérieur » sont utilisés de manière interchangeable). Les représentations des « Autres » ont changé à travers le temps et ont produit des réponses différentes dans le temps à la peur de l’Autre. L’« Autre » est fondamental pour la constitution de « Moi ». Dans la culture occidentale, les idéologies dominantes se définissent dans une relation à un Autre subordonné. Et par conséquent, le Moi et l’Autre sont inextricablement liés. La représentation affecte profondément la construction de la réalité sociale, surtout si elle est associée avec les conquêtes politiques et impériales. Le type de représentation est directement lié aux relations historiques et théoriques entre la domination économique et politique de l’Occident et sa production intellectuelle. « L’Autre » est représenté négativement et une telle représentation implique généralement des relations de pouvoir inégales.

De nombreux travaux montrent que la notion de l’« Autre » peut même servir comme principe organisateur général des sociétés. La construction d’un « Nous » implique nécessairement la construction d’un « Eux », note Chantal Mouffe dans The democratic paradox. La relation entre les deux est tout à fait contingente et dialectique aux niveaux à la fois symboliques et matériels. En Occident, « c’est l’identité même de la démocratie qui est en jeu, dans la mesure où elle a dépendu dans une large mesure de l’existence de l’Autre communiste qui a constitué sa négation ». Avec la disparition de l’Autre communiste, « le sens de la démocratie elle-même s’est effacé et doit être redéfini par la création d’une nouvelle frontière ». Les frontières se déplacent désormais à l’intérieur de la nation. « C’est beaucoup plus difficile pour la droite modérée et la gauche que pour la droite radicale. Car celle-ci a déjà trouvé son ennemi. Elle est fournie par l’« ennemi intérieur », les immigrés, qui sont présentés par les différents mouvements de l’extrême-droite comme une menace à l’identité culturelle et à la souveraineté nationale des «vrais» Européens. La croissance de l’extrême-droite dans plusieurs pays occidentaux ne peut être comprise que dans le contexte de la crise profonde de l’identité politique à laquelle est confrontée la démocratie libérale après la perte des repères traditionnels. Elle est liée à la nécessité de redessiner la frontière politique entre ami et ennemi. »

Le processus de radicalisation est trop complexe. Mais le discours dominant actuel met l’accent sur la culture, particulièrement sur l’Islam. Afin de favoriser la compréhension des processus psychologiques menant au terrorisme, Fathali Moghaddam conçoit l’acte terroriste comme la dernière étape sur un escalier se rétrécissant ; si la grande majorité des gens (même quand ils se sentent brimés et injustement traités) restent au rez-de-chaussée, certaines personnes montent et sont finalement recrutées dans des organisations terroristes. Ces personnes pensent qu’elles n’ont pas la voix au chapitre dans la société, et sont encouragées par les leaders à déplacer l’agression sur d’autres groupes et à se socialiser au sein de l’organisation terroriste comme membres de groupes légitimes, ceux étant en dehors du groupe représentant le mal. La stratégie de lutte contre le terrorisme met largement l’accent sur la manifestation du terrorisme dans sa forme tactique, sans s’attaquer aux facteurs de risque ; elle se concentre sur les personnes qui sont déjà en haut de l’escalier et n’apporte que des gains à court terme. La meilleure politique à long terme contre le terrorisme est la prévention, rendue possible en nourrissant la démocratie contextualisée au rez-de-chaussée. Au lieu de cela, les sociétés occidentales subissent malheureusement l’« effet boomerang » au sens foucaldien, où la « périphérie coloniale » devient un champ d’expérimentation. Les leçons apprises sur le champ de bataille au Moyen-Orient façonnent désormais les politiques de sécurité dans la métropole.

Sous cet angle, l’impérialisme occidental ne se contente pas simplement d’exercer la force et les pratiques coloniales sur les sujets impériaux. Une fois testées à l’étranger, les mêmes pratiques sont appliquées à la maison. Ce n’est pas nouveau dans l’histoire américaine. Ce sont les mêmes techniques de renseignement mises au point par l’armée américaine dans la guerre des Philippines qui ont été utilisées contre les syndicats américains. Les mêmes tactiques, méthodes et matériels utilisés dans la « guerre mondiale contre le terrorisme » ont fini par être utilisés contre le public américain à la maison. Les « drones de surveillance aérienne visant à protéger les frontières du pays et à lutter contre les terroristes à l’étranger tournent leurs yeux électroniques vers les Américains ici, chez nous », déplore le Washington Times. Au Pakistan où des milliers de Pakistanais ont été tués par des drones américains, des enfants pakistanais ont du mal à aller à l’école et à étudier (abandonnant l’école par crainte d’être bombardés) et certains adultes ont peur de se rassembler publiquement ou d’assister à des mariages et des enterrements. Le même quotidien trouve que « cette surveillance a un sens lorsque l’utilisation se limite à garder un œil sur nos ennemis dans les guerres en Irak et en Afghanistan. L’utilisation de cette technologie du champ de bataille sur le sol américain est un phénomène récent, et il y a peu de restrictions de mise en place. Le DHS (Department of Homeland Security)dispose déjà d’une flotte de drones avec une technologie « capable d’identifier un homme debout dans la nuit et de voir s’il est armé ou non », et devraient être équipés de programmes d’« interception » capables de lire et suivre les signaux des téléphones cellulaires.  La technologie des drones est nouvelle, mais pas la pratique en elle-même.

C’est « l’effet boomerang de l’impérialisme sur la patrie » contre lequel Michel Foucault mettait en garde au milieu des années 1970 et que Hannah Arendt dénonçait en 1968 dans Les Origines du totalitarisme. Cet « effet boomerang » a connu une résurgence spectaculaire au cours de la dernière décennie ; les pratiques néocoloniales des frontières à Bagdad, Kaboul, etc. sont actuellement mises en place à New York, Washington et Londres, etc. Bien sûr, les effets observés dans le cadre urbain occidental diffèrent énormément de ceux observés dans la zone de guerre. Mais quel que soit l’environnement, ces actes hi tech de violence sont fondés sur un ensemble d’idées partagées. Les technologies de gouvernance changent et sont re-conceptualisées, en même temps l’art de gouverner implique le développement de nouvelles gammes d’institutions, de pratiques, de connaissances et de tactiques pour introduire le contrôle au nom de la sécurité. Les cycles interminables de violence (guerre contre le terrorisme, guerre contre la drogue, etc.) sont devenus une composante fondamentale du système économique. Au lieu d’être considérés comme une anomalie, ils sont devenus un aspect fondamental de la démocratie occidentale libérale elle-même, et la guerre comme un outil intégré au développement du monde. Ainsi, surveillance de masse, tribunaux secrets, militarisation de la police, stratégie de COIN, détention sans procès, zones tampons de sécurité, postes de contrôle, nouvelles armes non létales et drones, etc. sont tous devenus des caractéristiques-clés des centres urbains et des pouvoirs politiques et financiers occidentaux.

Trouvant leur origine dans les campagnes militaires poursuivies par les forces militaires occidentales (y compris les sous-traitants de sécurité) à l’étranger, ces éléments ont largement intégré le tissu de la police. Cette évolution intègre la militarisation d’un grand nombre de débats politiques, de paysages urbains et de circuits de l’infrastructure urbaine, ainsi que des domaines de la culture populaire et urbaine. Elle conduit à la diffusion rampante et insidieuse des débats militarisées sur la ‘sécurité’ dans tous les domaines de la vie. C’est manifeste dans l’utilisation généralisée de la guerre comme la métaphore dominante décrivant l’état perpétuel et sans frontières des sociétés urbaines – guerre contre la drogue, contre la criminalité, contre le terrorisme, contre l’insécurité elle-même. La construction de « zones de sécurité » autour des noyaux financiers stratégiques de Londres et New York fait écho aux techniques utilisées dans la zone verte de Bagdad. Il s’agit d’un phénomène plus large, plus profond et de plus en plus croissant que Stephen Graham appelle « The New Military Urbanism ». Fondamental à ce dernier est le changement de paradigme qui rend les espaces communs et privés des villes, ainsi que leur infrastructure (avec leurs populations civiles) une cible et source de menaces. Au Brésil, par exemple, des sources militaires ont confirmé que les techniques employées dans l’occupation de la favela Morro da Providencia sont celles que les soldats brésiliens utilisent lors de la mission de maintien de la paix des Nations Unies à Haïti. Les changements dans les pouvoirs coercitifs de l’État liés à des mesures de maintien de l’ordre ou de sécurité ne sont pas principalement une réaction à des évènements particuliers. Ces pouvoirs étendus peuvent être exercés dans la poursuite de toute une série d’agendas cachés sans rapport avec la criminalité et le terrorisme qu’ils sont censés combattre. Ces agendas cachés sont liés à la politique étrangère et intérieure, et à des intérêts privés et organisationnels particuliers.

À l’heure de la mondialisation et la venue du système-monde, la distinction géographique entre l’intérieur et l’extérieur n’est plus pertinente. Max Weber disait; « Among a plurality of co-existing polities, some, the Great Powers usually ascribe to themselves and usurp an interest in political and economic processes over a wide orbit. Today such orbits encompass the whole surface of the planet » (Parmi une pluralité de politiques coexistantes, certaines, les grandes puissances s’attribuent habituellement et usurpent un intérêt pour les processus politiques et économiques sur une large orbite. Aujourd’hui, de telles orbites englobent toute la surface de la planète). Ainsi de nouvelles formes d’exclusion, d’impérialisme et de radicalisation accompagnent les flux (à des degrés divers) d’information, d’idées, de personnes et de capitaux. L’expansion du capitalisme mondial a produit de nouvelles frontières, clôtures, lois, actions de police, et militarisation pour contrôler les mouvements humains et assurer le pouvoir capitaliste. Comme les frontières entre intérieur et extérieur sont rendues floues par la mondialisation, il est difficile de définir l’« Autre ». Dans « Identity, Immigration, and Liberal Democracy », Francis Fukuyama prétend que « Globalization, driven by the Internet and tremendous mobility, has blurred the boundaries between the developed world and traditional Muslim societies. It is not an accident that so many of the perpetrators of recent terrorist plots and incidents either were European Muslims radicalized in Europe or came from privileged sectors of Muslim societies with opportunities for contact with the West » (la mondialisation, conduite par Internet et une mobilité formidable, a brouillé les frontières entre le monde développé et les sociétés musulmanes traditionnelles. Ce n’est pas un accident que tant d’auteurs de frappes et d’incidents terroristes récents ont été soit des musulmans européens radicalisés en Europe, soit venus de secteurs privilégiés de sociétés musulmanes avec des opportunités de contact avec l’Occident). Toutefois, l’une des qualités les plus frappantes de la mondialisation est la persistance de la différence et la centralité continue des notions de « Nous et Eux » dans la construction des identités, des valeurs, des intérêts, des normes et donc des mesures appropriées. C’est là qu’intervient l’importance du zonage. L’étiquetage d’un lieu particulier comme dangereux et/ou menace peut inviter des agressions militaires et réponses musclées.

La politique crée son propre espace d’intervention. Le pouvoir souverain mondial définit les processus de zonage à l’échelle mondiale (Arc d’instabilité, zone de paix démocratique, etc.). Ce qui est crucial c’est que la distinction est faite. Comme l’indique Aida Hozic, « les processus mondiaux actuels de zonage portent sur la création de l’illusion des différences, mais en réalité il ne peut y en avoir aucune ». À cet égard, la production virtuelle des différences et des antagonismes par le biais de récits apparait crucial pour la définition des zones de sécurité et de zones sans foi ni loi. Le zonage se transforme alors en tâche pour recréer les dangers et les menaces, et pour canaliser le déplacement des populations et des investissements dans un scénario mondial dans lequel les territoires ressemblent de plus en plus à ses propres frontières, le paysage social des frontières ressurgit dans les centres-villes métropolitains. Le zonage devient une tâche pour produire les différences qui sont transformées en outils de pouvoir souverain. Selon Stephen Graham, « les constructions de zonage et de frontières représentent des tentatives souveraines de créer des illusions de la différence plutôt que de répondre à la différence et à ses risques présumés ».

Avec la venue du système-monde, le zonage a commencé à se développer vers l’intérieur. L’Allemagne nazie et ses camps de concentration constituent un cas paradigmatique de ce changement. Avec ses camps de concentration, affirme Giorgio Agamben, l’espace d’exception acquiert pour la première fois une place permanente au sein de la « Polis ». Les camps sont un morceau de territoire qui est placé à l’extérieur de l’ordre juridique normal, bien qu’il ne soit pas un espace extérieur faisant partie de la « Polis ». De cette manière, la société exclut ceux qui sont considérés comme indésirables à l’intérieur ou localise l’intérieur vers l’extérieur. Agamben s’alarme: « la déclaration de l’état d’exception est progressivement remplacée par une généralisation sans précédent du paradigme de la sécurité comme technique normale de gouvernement ». « L’état d’exception a même atteint aujourd’hui son plus large déploiement planétaire. L’aspect normatif du droit peut être ainsi impunément oblitéré et contredit par une violence gouvernementale qui, en ignorant à l’extérieur le droit international et en produisant à l’intérieur un état d’exception permanent, prétend cependant appliquer encore le droit ». Cette notion de sécurité vise à produire et transformer la vie sociale à son niveau le plus général et global. Le discours de sécurité est élaboré sur mesure pour justifier et légitimer le recentrage des missions de l’État sur le maintien de l’ordre et le contrôle des populations considérées comme dangereuses. La loi dans ce contexte devient un moyen de répression ; « la loi était à la fois une épée et un bouclier : elle était un outil utilisé pour faire avancer des objectifs conservateurs, et c’était un bouclier destiné à protéger l’autonomie de l’exécutif », explique Mary L. Dudziak.

Alors que les camps de concentration expriment la manifestation la plus extrême de cette tendance, la délimitation formelle des ghettos dans l’Allemagne nazie, la définition informelle de ghettos ou centre-ville aujourd’hui, ou de camps de refugiés, tous illustrent la même grammaire. Le ghetto conjugue les quatre composantes du racisme : le préjugé, la violence, la ségrégation et la discrimination. Avec la poursuite de la ghettoïsation et l’altérisation généralisée des Mexicains-musulmans-réfugiés-personnes pauvres, la société commence à accepter le déni des droits à ces catégories, et éventuellement à courir le risque de renoncer à plusieurs des droits au nom de la sécurité. Nous assistons à une époque où le pouvoir souverain reproduit artificiellement les distinctions territoriales entre les zones de droit ou « normales » et les zones de non-droit ou d’exception. Le raisonnement géopolitique qui implique le recyclage de noms géographiques dans de nouveaux contextes répond au même souci ; comment « la politique mondiale est ‘spatialisée’ ou rendue géographiquement expressive par les dirigeants politiques et les représentations médiatiques ». En faisant cela, on « dévalorise des endroits particuliers et les populations qui y habitent » tant pour les marchandiser économiquement et les apaiser politiquement et militairement. Et voila ce à quoi correspond (et dans quel contexte il faut l’appréhender) le « Londonistan ».

À l’ère de la mondialisation, les frontières d’une nation ne sont plus externes mais fonctionnent à travers ses villes. Les nations devront se défendre non pas à l’étranger, mais à l’intérieur de leurs propres métropoles denses. Ces inquiétudes ont été exprimées par beaucoup d’experts et stratèges militaires occidentaux, qui s’attendent à ce que la plupart des conflits dans le futur soient internes (dans le reste du monde et au sein de leurs territoires) d’où le besoin impératif de restructurer les services armés et de sécurité pour faire face à l’« Intifada des banlieues ». Ils s’inquiètent que leur pays devienne ce que le Moyen-Orient, les Balkans, l’Asie centrale et l’Afrique de l’Est sont aujourd’hui : un champ de bataille. Dans cette perspective, la menace est une civilisation visant les valeurs centrales de la culture occidentale par des acteurs non étatiques. Dans la mesure où les forces du djihad (comme  plusieurs le suggèrent) sont actives en Occident, il peut être soutenu que les lignes importantes de ce conflit culturel se situent au sein des frontières de l’État (de « Nous »).

À chaque fois que l’on est face à des situations qui ne sont ni prévues ni réglementées par les arrangements et dispositifs juridiques existants, nous sommes devant un état d’exception. Carl Schmitt fait savoir que c’est le pouvoir souverain qui « décide de l’exception ». En effet, la désignation sinon la distinction entre espaces de sécurité et de non sécurité est la principale activité du pouvoir souverain. Grâce à cette distinction, une décision souveraine est faite distinguant entre ces territoires et populations qui appartiennent à la vie politique et qui doivent donc être protégés, et ceux qui ne le sont pas et sont donc considérés comme sans valeur. Au moins dans la tradition développée en Occident, les zones de non droit ont toujours été situées au-delà des limites de la politique, à l’extérieur. Simultanément, les distinctions spatiales ont toujours impliqué des jugements moraux, légaux et esthétiques. Ainsi, l’extérieur sans foi ni loi apparait naturellement comme le lieu de tout ce qui esthétiquement laid, moralement mauvais, absolument inhumain et ontologiquement menaçant. Prenons l’exemple de l’ancien président français François Hollande qui décrit « les gars des cités, sans références, sans valeurs ». Il parle de ces « cités » comme si elles ne sont pas une partie de la France, comme des territoires extérieurs à la République. Cela implique aussi des jugements moraux : « Ils sont passés de gosses mal éduqués à des vedettes richissimes, sans préparation. Ils ne sont pas préparés psychologiquement à savoir ce qu’est le bien, le mal ». « La Fédération, c’est pas tellement des entraînements qu’elle devrait organiser, ce sont des formations. C’est de la musculation de cerveau ». « Moralement, ce n’est pas un exemple, Benzema ».

Après tous les attentats qui ont eu lieu en Europe, à Paris, Bruxelles, Londres, Berlin, etc. les gouvernements occidentaux ont-ils retenu la leçon qui est de combattre le terrorisme d’une manière efficace et de réparer leurs erreurs du passé notamment un certain laxisme envers les terroristes fichés ? Certaines de nos sources tirent fréquemment la sonnette d’alarme concernant les budgets alloués aux services de renseignement, à la Défense en général, avec le manque d’effectifs, etc. Pensez-vous que les moyens à la fois humains et matériels consacrés aux services de renseignement et à l’armée sont à la hauteur des défis qui sont de neutraliser définitivement les réseaux et les groupes terroristes ?

Bien que peu de détails soient publiquement disponibles sur le rôle de la communauté de renseignement dans la lutte contre les menaces terroristes, le renseignement peut jouer un rôle important dans le développement d’analyses stratégiques qui donnent la priorité aux tendances du terrorisme, ainsi que dans l’élaboration de réponses opérationnelles et tactiques pour détecter, influencer et cibler les réseaux, les nœuds, les plans et les acteurs spécifiques du crime-terrorisme. Le problème n’est pas nécessairement un problème de ressources. Deux facteurs sont importants : la priorisation car les services armés et de sécurité sont jugés en fonction du projet politique ; la question d’adaptation des services dont la structure dépend en partie de la nature de la menace. Le problème n’est pas exclusivement militaire, mais est partagé par des décideurs de haut niveau. Les officiers militaires demandent constamment des objectifs clairs et plus de moyens; les politiciens demandent de faire plus et mieux avec moins de moyens et préfèrent généralement se détourner des déclarations claires et définitives sur quoi que ce soit, notamment les questions de guerre et de paix. Mais avant d’aborder ces deux points (adaptation et priorisation) qui ne sont pas sans liens par ailleurs, il convient de noter que dans de nombreux cas, les organisations militaires et de sécurité abordent avec difficulté leurs missions pour des raisons qui échappent à leur contrôle. Les organisations militaires et de sécurité sont des bureaucraties étatiques. Les fonctionnaires et responsables gouvernementaux opèrent dans un domaine de contraintes qui affectent leur capacité à formuler et à mettre en œuvre des politiques et des changements. Contrairement aux dirigeants des entreprises privées, ils n’ont pas la liberté d’action dans l’allocation des facteurs de production (ressources) et la définition de leurs objectifs. « Le contrôle sur les revenus, les facteurs productifs et les objectifs de l’agence sont tous acquis à un degré important dans des entités extérieures à l’organisation – législateurs, tribunaux, politiciens et groupes d’intérêt ».

En outre, les fonctionnaires gouvernementaux ont rarement des résultats clairs, tandis que ceux d’un gestionnaire d’entreprise privé est le profit, la part du marché et la survie. Comme l’a dit James Wilson, il existe peu ou pas d’accord sur les normes et mesures de la performance pour évaluer un fonctionnaire du gouvernement, alors que divers tests de performance sont bien établis dans les affaires privées – rendement financier, la part de marché, mesures de performance pour la rémunération des dirigeants. Alors que la gestion des entreprises se concentre sur la « rentabilité » (les bénéfices), la gestion gouvernementale se concentre sur les « contraintes ». Ce manque de contrôle peut rendre les changements institutionnels plus difficiles, et met en évidence un deuxième facteur: l’importance du soutien politique. L’une des tâches-clés d’un cadre national est la maintenance de l’organisation. « Dans une agence gouvernementale, l’entretien exige l’obtention non seulement de capitaux (crédits) et de main-d’œuvre (personnel), mais aussi le soutien politique ». Le soutien politique fournit aux cadres du gouvernement l’autonomie nécessaire pour mettre en œuvre les changements nécessaires pour exécuter leurs missions. « Le soutien politique est à son plus haut niveau lorsque les objectifs de l’agence sont populaires, ses tâches simples, ses rivaux inexistants et les contraintes minimes ». Ces conditions s’appliquent rarement aux organismes gouvernementaux. Les militaires demandent toujours des objectifs clairs, mais les hommes politiques sont toujours ambigus.

Les rivalités bureaucratiques sont courantes et connues. Il en va de soi que les services armés et de sécurité s’alarment du manque de moyens. Les organisations sont créées pour accomplir certaines missions et ses membres favorisent les politiques qui augmentent l’importance de leur organisation et des capacités qu’ils considèrent comme essentielles à leur essence. Le problème n’est pas une question de moyens, mais l’absence de priorisation et de hiérarchisation, l’absence de priorités claires. Et les priorités sont définies par le politique. À chaque attentat, l’histoire se répète sur un point essentiel : les réponses aux crises sont une aubaine pour les politiques et entreprises qui cherchent pouvoir et gains financiers en exploitant les craintes du public. La réaction ressemble souvent aux réponses aux crises précédentes : augmenter les moyens, restreindre les libertés sans se poser la question sur le projet politique qui semble conduire à la « Resurgence of the Warfare State » (La résurgence de l’État de guerre). Aux États-Unis par exemple, l’USA PATRIOT Act a été adopté et mis en œuvre, le NORTHCOM a été créé, les dépenses de la Défense ont augmenté de façon massive, les interventions extérieures sont devenues courantes. La création du Département de la Sécurité Intérieure a abouti à la fusion de 22 organismes du gouvernement fédéral et à un Département de Sécurité Intérieure doté de plus de 177 000 employés.

Même d’anciens responsables des renseignements craignent que la combinaison des nouvelles menaces, des progrès des technologies et des interprétations radicales de l’autorité présidentielle puisse menacer la vie privée des Américains. Des milliers d’organisations gouvernementales et d’entreprises privées travaillent sur ​​des programmes liés à la lutte contre le terrorisme, le renseignement et la sécurité territoriale. Le lieutenant-général à la retraite John R. Vines (pourtant familier avec les problèmes complexes et qui a déjà commandé 145 000 soldats en Irak) se dit surpris par ce qu’il a découvert ; « la complexité de ce système défie toute description ». Dana Priest et William M. Arkin s’alarment que ce « monde top-secret […] est devenu si grand, si lourd et si obscur que personne ne sait combien d’argent il coûte, combien de personnes il emploie, combien de programmes il a, ou exactement combien d’agences font le même travail ». En effet, ce « terrorism-industrial complex » échappe à tout contrôle et grandit un peu partout à travers le monde notamment en Europe. Chaque attaque implique la croissance de la portée de la sécurité intérieure, des centres de fusion, des technologies du champ de bataille, et de la collecte de données et de l’intrusion dans la vie des citoyens ordinaires. Est-ce cela un manque de moyens ?

En effet, les organismes de sécurité et de défense sont mieux dotés en termes de ressources aujourd’hui. Non seulement ils ont plus de moyens, mais ils ont aussi été beaucoup servis par les nouvelles technologies de surveillance et de contrôle. Depuis et durant la décennie 1990, la révolution informatique a atteint la grande vitesse et a eu un énorme impact en matière de communication. Les progrès technologiques ont considérablement amélioré la capacité des services, permettant des cycles opérationnels compressés, des frappes de précision de longue portée basées sur des renseignements en temps réel et une jointness améliorée. La technologie moderne est perçue comme une solution à de nombreux problèmes. Sur le plan opérationnel, elle permet d’obtenir les mêmes résultats avec moins de ressources. Les forces armées et de sécurité y ont de plus en plus recours pour obtenir un avantage sur le champ de bataille, leur permettant une hausse significative de la conscience situationnelle des opérations.

Ce fantasme technologique a aussi un prix. Il a conduit à marginaliser le facteur humain dans la collecte, l’infiltration, l’exploitation du terrain, la détection des éléments nocifs et l’analyse des intentions de l’ennemi. Militairement, une menace est une intention hostile provenant d’une « entité clairement définie ». Mais les terroristes agissent dans la clandestinité. La menace suggère une entité définie (pas facile à identifier dans le cas du terrorisme), une volonté de nuire (volonté n’implique pas nécessairement capacité et dans un état de droit, l’individu est jugé sur ses actes) et capacité de nuire (capacité de nuire n’implique pas la volonté). En outre, quelle est la « cible » ? La réponse à ces questions rend le facteur humain central. Face à l’atomisation et à l’autonomisation des groupes terroristes, le facteur temps est essentiel et nécessite des opérations chirurgicales rapides et précises basées sur des informations fiables.

Également, il y a dysfonctionnement dans la priorisation politique et la hiérarchisation des priorités.  La politique des grands pays occidentaux envers la Syrie est un bon exemple ; elle est contradictoire et nuit à la lutte contre le terrorisme. Cette politique peut être jugée de deux façons ; soit la lutte antiterroriste n’est pas une priorité, soit la politique poursuivie est irrationnelle et nécessite donc une reconfiguration. Car s’il est vrai que le terrorisme est la priorité comme l’affirme le discours officiel, force est de conclure que cette politique est irrationnelle. Par la rationalité, nous voulons dire ‘calculs moyens-fins’ avec deux conditions supplémentaires : 1) toutes les informations pertinentes devraient être recherchées, avec prise en compte des contraintes du facteur temps et des ressources et, 2) la logique des moyens relatifs aux fins doit être compatible avec ce qui est connu sur les relations causales pertinentes. Il y a une incompatibilité entre l’objectif affiché et la stratégie mise en œuvre pour l’atteindre. En clair, la politique envers la Syrie est irrationnelle même en tenant compte du fait que les acteurs du monde réel sont soumis à un facteur temps et à un facteur ressources qui sont différents de ceux auxquels sont confrontés les scientifiques.

Ensuite, il y a la question de l’« adaptation » que Theo Farrell, un spécialiste des changements militaires, définit comme un « change to strategy, force generation, and/or military plans and operation that is undertaken in response to operational challenges and campaign pressures » (changement à la stratégie, à la génération de forces et/ou aux plans et opérations militaires qui sont entrepris en réponse aux défis opérationnels et aux pressions de la campagne). Toutefois, les historiens identifient l’aversion à l’adaptation comme une cause de l’inefficacité organisationnelle dans la réalisation de leurs missions et les analyses mettent en cause les institutions plutôt que les individus. La nature de la menace affecte directement la culture organisationnelle et la structure bureaucratique qui dictent le type d’intelligence recherchée et les moyens utilisés pour obtenir cette intelligence. L’adaptation à des circonstances inattendues teste l’organisation en « révélant des faiblesses qui sont en partie structurelles et partiellement fonctionnelles ». Mais les services de renseignements ont-ils vraiment connu un processus d’adaptation pour faire face au nouvel environnement de sécurité marqué par l’âge de l’information et les menaces asymétriques ? L’utilisation d’un « scalpel au lieu d’un marteau » est plus adaptée à la lutte contre le terrorisme. Cela implique la subordination de l’approche militaire – le « marteau » – à l’approche sécuritaire, le « scalpel ». La technique du « scalpel » nécessite des renseignements fiables, l’optimalisation et l’adaptation des services.

En d’autres termes, cela implique l’adaptation des services de renseignements à la nature modifiée des risques et des menaces qu’ils cherchent à combattre ; changements d’une menace basée sur la guerre conventionnelle qui respecte les frontières nationales à un patchwork en constante évolution de groupes qui utilisent tous les moyens nécessaires pour atteindre leurs objectifs et changent activement leurs tactiques pour exploiter les faiblesses des systèmes de sécurité et de défense nationale. Le travail des services de renseignement devient plus compliqué avec le nombre croissant des consommateurs de renseignement, y compris les fonctionnaires de l’État et des autorités locales et les opérateurs économiques, alors que pendant la guerre froide, le renseignement était principalement utilisé par un cercle retreint de décideurs de haut niveau. Il y a aussi le problème des frontières face à un ennemi qui ne les respecte pas. En outre, c’est nouveau que les responsables des agences de renseignement soient entendus et appelés à s’exprimer devant leurs parlements.

Pendant la Guerre froide, les États étaient le principal objectif du renseignement et, en tant que tel, la collecte et l’analyse des renseignements reposaient sur une telle menace. Les États-nations fournissent un contexte précieux et une histoire pour les agents et les analyses des renseignements pour guider leur pensée. Les États ont des histoires, des bureaucraties, et dans de nombreux cas, des objectifs similaires, tels que la défense du territoire national. Par conséquent, le but du renseignement avant tout est de résoudre des énigmes, c’est-à-dire « la recherche de pièces supplémentaires pour remplir une mosaïque de compréhension dont la large forme est donnée ». Le renseignement se préoccupe de détecter les capacités militaires d’un État, ou les niveaux de troupes permanentes – l’information qui a une réponse définitive, et qui s’inscrit dans le contexte d’un État donné. Désormais, il s’agit de faire face à des ennemis qui ne respectent pas les frontières géographiques ou juridiques.

Toutefois, les acteurs non-étatiques, en tant que principal problème de sécurité nationale, n’ont pas l’arrière-histoire intrinsèque et la perspective qu’a un acteur étatique. Au lieu d’essayer de combler les lacunes des informations connues (par exemple, le nombre de troupes actives d’un État) l’intelligence se préoccupe de la compréhension des nuances et des tendances des groupes individuels et de leurs objectifs. Cette compréhension est ensuite utilisée pour formuler les meilleures hypothèses, essentiellement de ce que ces acteurs vont faire. Cependant, comme ce type d’intelligence est basé sur la pensée et l’action humaines, les réponses ne sont pas définitives tant que les actions ne sont pas menées. C’est ce type d’intelligence que Gregory F. Treverton qualifie de « mystères », qui consiste à chercher une « meilleure prévision, peut-être sous la forme d’une probabilité avec des facteurs-clés identifiés ». L’environnement de sécurité actuel n’a rien à avoir avec celui de la guerre froide ni des années 1990. Les menaces actuelles sont davantage intérieures qu’extérieures. La majorité des attentats en Europe ces dernières années sont commis par des ressortissants européens.

Y a-t-il un lien de causalité entre la politique migratoire de Madame Merkel et la recrudescence des attentats terroristes en Allemagne ?

C’est une lecture simplificatrice voire erronée. L’idée de construire un « Mur autour de l’Occident » a fait son chemin bien avant les attentats du 11 Septembre. La prise de conscience et les préoccupations au sujet des menaces asymétriques, notamment le terrorisme mondial, ont été alimentées par des événements tragiques comme les attaques du 11/9, Bali en 2002, Madrid en 2004, Londres en 2005, Jakarta en 2009, le Bataclan en 2015, etc. Ces événements ont fourni une opportunité politique pour révéler une nouvelle étape dans l’expansion des capacités coercitives des États au niveau national. Mais il est difficile de supposer qu’il existe des liens entre la politique de Mme Merkel et la recrudescence des attentats. La majorité des attentats commis en Europe ces dernières années sont l’œuvre de ressortissants européens. Toutefois, le nombre de décès d’immigrants en Méditerranée n’est ni accidentel ni le résultat de causalités imprévisibles. Ces morts devraient être considérées comme « liées à la frontière», des conséquences tragiques des politiques de contrôle de plus en plus drastiques de l’immigration des pays riches. Ces politiques ont contribué à créer les conditions menant à la mort. Les questions frontalières traditionnelles telles que le commerce et la migration sont désormais évaluées à travers la lentille de la sécurité. Le discours de l’ouverture des frontières a été remplacé par un discours plus anxieux et sombre sur les « périmètres de sécurité » et « Homeland Defense » (défense de la patrie). Les politiciens de tout le spectre politique se sont précipités à démontrer leur engagement sans faille à sécuriser les frontières.

Au lieu de disparaître, les frontières sont en mutation. Les visas biométriques, le double durcissement des contrôles à la frontière et les cartes d’identité des ressortissants étrangers en sont une manifestation. Si le rôle militaire des frontières diminue, leur fonction idéologique et socio-psychologique reste considérable. L’un des aspects les plus contradictoires des transformations actuelles de la frontière a été l’effet de dilution des frontières comme des obstacles économiques, tout en étant en même temps renforcées comme des obstacles à la circulation de certaines catégories de personnes. Cela fait partie de la fortification des frontières, comme un phénomène observé au Sud de la Méditerranée, les « Fortified boundaries » (frontières fortifiées) sont en effet des barrières physiques asymétriques aux fins de contrôle des frontières. Ces limites sont plus redoutables dans la structure que les lignes de démarcation traditionnelles mais moins robustes que les frontières militarisées. Leur but n’est pas d’éliminer le mouvement transfrontalier des acteurs transnationaux clandestins mais d’imposer des coûts aux infiltrés éventuels et, ce faisant, de dissuader ou d’entraver l’infiltration. La volonté politique de lutte contre l’immigration a été combinée à l’établissement de « frontières intelligentes » (selon la terminologie officielle américaine) qui doivent rester ouvertes aux marchandises, capitaux et services. Sans être passifs, les États ont été des acteurs centraux dans ce processus. La reconfiguration des frontières dans l’UE et les États-Unis fournit un exemple parfait de cette tendance continue.

Le rôle économique des frontières actuelles de l’UE est considérable. Le résultat fut une Union européenne à plusieurs niveaux, basée sur une logique de « frontierisation ». Ces politiques frontalières s’apparentent à la création d’un système de frontières sélectives et spécialisées, « situé selon l’objectif poursuivi : intégration économique, protection des migrations, sécurité extérieure ». La fortification des frontières a fortement augmenté le long de la frontière des États-Unis avec le Mexique depuis 1993. L’US Border Patrol (patrouille frontalière des États-Unis) a mis en place quatre opérations majeures qui massent des agents et d’autres ressources de fortification. Les opérations sont Blockade/Hold the Line (1993) dans El Paso, Gatekeeper (1994) dans San Diego, Safeguard (1994) dans le Sud de l’Arizona, et Rio Grande (1997) dans le Sud de Texas. La réponse au 11/9 montre la continuité avec les interventions américaines antérieures, mais avec des méthodes plus drastiques. Dans ce contexte, les arguments au sujet de la loi ont été utilisés dans une lutte internationale pour le pouvoir. Le droit est devenu un moyen de coercition. Tout jugement sur la légalité est rendu sous le prisme de la sécurité. Dans cette perspective, le paradigme opérationnel ne serait pas la maxime  « la nécessité fait la loi », mais plutôt la nécessité exige que le souverain soit la loi. Les lois qui autrefois étaient considérées comme des outils de gouvernance interne sont devenues « securitized ». Le droit de l’immigration, autrefois alimenté par les préoccupations au sujet de la politique économique et humanitaire, est désormais la porte par laquelle les prochains terroristes pourraient glisser à travers les frontières. Dans l’ensemble, les menaces de sécurité sont réelles, mais de nombreuses initiatives poussées rapidement comme des questions liées au 11/9 avaient fait partie d’un agenda politique préexistant. Que ce soit en raison de liens réels avec la sécurité ou parce que des opportunités politiques sont offertes par le nouvel environnement de sécurité nationale, dans toutes les catégories, le droit est devenu impliqué dans la guerre contre le terrorisme.

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Deborah Waller Meyers, « US Border Enforcement: From Horseback to High-Tech », Task Force Policy Brief, n°. 7, Independent Task Force on Immigration and America’s Future, Migration Policy Institute, Washington, D.C., November 2005, p. 10 http://www.migrationpolicy.org/ITFIAF/Insight-7-Meyers.pdf

Les tendances actuelles en matière d’immigration et des politiques de sécurité aux frontières en Europe et aux États-Unis ont précédé les événements du 11/9. Avant ces attentats, les deux cotés de l’Atlantique soutenaient qu’il existe un lien global entre immigration, intégration et sécurité. La « sécuritisation » de l’immigration aux États-Unis, beaucoup plus vieille que la focalisation actuelle sur le terrorisme, a considérablement augmenté depuis les années 1980, quand elle a été utilisée pour aider à contrôler le commerce illicite de la drogue, et s’est accélérée dans le sillage du 11/9. Depuis les années 1980, et particulièrement après le 11/9, les organismes d’application de la loi nationale dans les pays tels que les États-Unis, l’Australie, le Canada, l’Europe et le Royaume-Uni ont acquis des pouvoirs, des ressources et un prestige considérablement accrus. La sécurité des frontières n’a pas vraiment été servie par une telle approche. Au lieu de cela, la sécuritisation accrue de la politique d’immigration a plutôt conduit à une plus grande exclusion des immigrés légaux, l’érosion des droits des immigrés, et la hausse de la méfiance des communautés immigrées à l’égard des autorités. Si les attaques terroristes contre l’Amérique, Madrid et Londres ont tourné la politique d’immigration vers un débat sur la sécurité nationale, les États-Unis continuent à se focaliser sur l’« ennemi extérieur », par opposition à la position européenne centrée sur les menaces internes. Le prétendu fossé transatlantique se rétrécit si l’on examine les points communs sur cette question.

Les politiciens des deux côtés de l’Atlantique saisissent les images des émeutes de la jeunesse, des trafiquants d’êtres humains et de drogue et des terroristes. Ils font cela pour susciter un soutien national à la securitization des politiques d’immigration, et colmater les trous dans le tissu de leurs sociétés civiles. Leurs prescriptions politiques ont peu varié mais restent néanmoins prévisibles : des thèmes récurrents coercitifs sont invoqués pour sécuriser les frontières et expulser ou emprisonner les migrants clandestins, criminels ou suspects. Cette réponse coercitive est couplée à l’exigence que ceux qui résident légalement en Europe et aux États-Unis jettent leur foulard, prêtent serment d’allégeance à l’autorité de gouvernement et acceptent les valeurs des sociétés postmodernes dans laquelle ils vivent. Cette approche coercitive est caractéristique d’une politique d’intégration plus large menée au niveau européen. Bien que les contrôles aux frontières soient certainement un sujet de préoccupation en Europe, de nombreuses mesures sont axées sur le contrôle de ceux qui vivent sur le territoire européen en exigeant d’eux de répondre à certaines exigences afin de maintenir leur statut juridique. Progressivement, mais systématiquement, l’intégration est transformée en un processus à sens unique dans lequel les responsabilités sont placées exclusivement sur ​​le côté de l’immigrant. Les non-nationaux sont obligés « d’intégration » afin d’avoir accès à un statut juridique et d’être traités comme des membres du club. L’intégration devient ainsi la frontière non-territoriale (fonctionnelle ou organisationnelle) définissant le ‘dedans’ et le ‘dehors’, qui est à l’intérieur et qui est à l’extérieur, qui a des droits et qui n’a que des obligations.

L’armée algérienne effectue des opérations qualitatives régulières en ciblant les réseaux logistiques et en éliminant des terroristes à travers le territoire national. Quel est votre avis à propos du degré d’efficacité de l’armée algérienne qui se bat sur plusieurs fronts ?

L’Algérie a un intérêt évident dans l’éradication de la menace posée par les djihadistes régionaux. Sa connaissance et son expertise ont été utiles aux efforts de lutte contre le terrorisme dans son voisinage. Sans la coopération active de l’Algérie, le renforcement de la sécurité dans les pays voisins sera très difficile. L’imbrication de la contrebande et la présence de djihadistes compliquent la tache de sécurité des frontières. L’intervention militaire de l’OTAN en Libye a eu des conséquences néfastes sur la sécurité des frontières à l’Est du pays et pose des défis à la stabilité régionale. Sombrée dans le chaos et l’anarchie, la Libye est devenue un « exportateur de terreur » fragilisant encore plus la transition en Tunisie, et la sécurité nationale de l’Algérie en a profondément été affectée. Violence, racket, assassinats, pillage, etc. font partie du paysage quotidien des Libyens. Le pays est devenu un bazar d’armes. Seigneurs de guerre, terroristes, criminels se disputent le contrôle de vastes territoires. Dans la vacance de pouvoir qui a suivi l’effondrement de l’État libyen, un jeu à somme nulle a émergé dans lequel une pléthore de groupes d’intérêt (armés) luttent pour le pouvoir et les ressources. À ce mélange explosif s’ajoute la montée de Daech en Libye et la hausse des activités criminelles et terroristes transfrontalières. Les quantités d’armes saisies par l’ALN aux frontières algériennes sont inquiétantes. En somme, quatre tendances interdépendantes d’instabilité peuvent être discernées qui constituent le noyau de la crise libyenne et ont le potentiel d’entraver le processus de paix :

  • Le processus politique qui a commencé reste incertain. Le pays est désespérément divisé en deux gouvernements rivaux : le Congrès général national à Tripoli et la Chambre des représentants à Tobrouk. Seul le gouvernement de Tobrouk est reconnu par la communauté internationale. Les deux gouvernements représentent les principaux blocs politiques de la Libye. Aucun n’est vraiment en mesure de prendre le contrôle territorial complet ou attirer un soutien populaire. Leur rivalité dépasse la simple dichotomie islamiste contre laïcs : il s’agit essentiellement d’une lutte pour l’accès au pouvoir et aux ressources. Les campagnes militaires à l’appui de chaque côté ont été lancés : Opération Dignité (Tobrouk) et Opération l’Aube de la Libye (Tripoli). Dans un pays sans une armée formelle – mais où les armes sont partout – les brigades armées exécutant ces campagnes ont acquis une influence politique significative. Certaines des décisions politiques les plus importantes dans le cadre des préparatifs de la crise actuelle ont été faites sous la menace. En effet, les armes ne cessent pas de s’exprimer à chaque blocage aussi mineur soit-il.
  • L’activité criminelle est clairement liée aux intérêts des milices : non seulement comme une source de revenus, mais aussi comme un moyen de maintenir le contrôle sur le territoire et d’empêcher les groupes rivaux de gagner du pouvoir et de l’influence. Il est donc probable que le crime restera un élément fondamental de la situation politique fragmentée en Libye. En outre, comme les réseaux criminels prospèrent en l’absence d’un contrôle étatique fort, leur existence neutralise les initiatives de mise en place d’un gouvernement national unifié, posant ainsi une barrière systématique contre la paix à long terme.
  • Sont également inquiétantes la transnationalisation et la radicalisation des groupes extrémistes locaux libyens. Le djihadisme en Libye est alimenté par des développements ailleurs (Mali, Irak, Syrie, etc.) et par des doctrines importées. Sur le terrain, cela se traduit par une attraction continue pour les combattants à se joindre à Daech et à l’expansion de ses activités. Le camp djihadiste profite certainement du chaos gouvernemental actuel, mais son agenda et ses méthodes transnationales seront difficiles à contenir, même si le contrôle effectif de l’État devait être établi.
  • Le jeu des puissances extérieures pourrait aggraver la situation et compliquer la tâche d’arriver à une solution politique. D’où l’incertitude sur le dialogue inter-libyen qui se déroule actuellement sous les auspices de l’ONU et qui bénéficie d’un large soutien de la communauté internationale ainsi que de vastes couches de la population libyenne exaspérées et épuisées par la violence et la fragmentation sévissant dans leur pays. La capacité de nuisance des puissances extérieures n’est pas négligeable. Leur présence en Libye est pressante et multiforme : forces spéciales, conseils militaires et civils, cooptation de responsables locaux, etc. Ce qui complique la tâche de la diplomatie algérienne.

Les défis sont énormes. Toutefois, l’Algérie est une puissance militaire de premier plan. Ses militaires sont expérimentés et souhaiteraient avoir une meilleure relation avec les États-Unis. Pour être considérés comme la force avec laquelle il faut compter en Afrique du Nord, les Algériens modernisent leurs forces armées. Particulièrement depuis 1999, les forces armées algériennes se sont beaucoup professionnalisées. D’une part, la conjecture internationale était favorable, d’autre part, la volonté politique notamment du président de la République A. Bouteflika était indéniable. Le pays a consacré des efforts considérables pour moderniser ses forces armées. L’armée algérienne passe de la 54ème en 1994 à la 26ème place dans le monde en 2016. La modernisation rapide entreprise s’inscrit dans le cadre d’un effort plus grand pour améliorer ses forces pour faire face à des menaces croissantes d’instabilité politique et à la sécurité dans la région.  Cette modernisation allait de pair avec l’amélioration de la formation des forces armées. Le personnel des différents services de la défense a reçu une formation de qualité sur l’utilisation d’équipements sophistiqués et dans les opérations de lutte contre le terrorisme. L’armée a considérablement accru ses capacités de combat et de maîtrise des nouvelles technologies avancées ainsi que son stock d’armements.

L’armée algérienne est parmi les plus organisées dans la région de l’Afrique du Nord. Elle a considérablement augmenté ses capacités de contrôle et de maîtrise des technologies d’armements modernes ; elle est classée à la 25e place quant aux capacités de maîtrise des technologies de défenses modernes et l’utilisation des systèmes électroniques complexes. Entre 2000 et 2004, les avions d’attaque représentent 27% de la totalité des ventes d’armements dans le monde. Et c’est bien le cas de l’Algérie en vertu des avions qu’elle a acheté à la Russie. L’Algérie développe également son industrie de défense en formant des coentreprises avec des entreprises de plusieurs pays comme l’Allemagne, la Serbie, etc. Le pays semble déterminé à garantir une dissuasion contre toute éventuelle menace notamment étatique.  En effet, pour naviguer dans les eaux troubles des relations internationales, garantir sa sécurité et parer à toute surprise stratégique, Alger multiplie ses partenaires de défense et a engagé un processus de modernisation de ses forces aériennes, navales et terrestres. Car, comme le reconnaît l’armée algérienne en avril 2015, « l’histoire a démontré, à travers les siècles, que la force des Nations est profondément tributaire de la puissance de leur armée qui joue un rôle efficient dans la préparation des conditions favorables à l’émergence et à la pérennisation de l’État fort et moderne ».

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En outre, les forces militaires de l’Algérie ont une formation sophistiquée et une vaste expérience dans les tactiques antiterroristes obtenues durant la « décennie noire ». Les visites répétitives de hauts dirigeants européens et américains témoignent de cet intérêt. Malgré les attaques terroristes très localisées et sporadiques, les forces de sécurité algériennes ont réussi à empêcher les groupes islamistes armés de se revitaliser. La police nationale algérienne est soutenue dans ses opérations de lutte contre le terrorisme et la contrebande par divers corps tels que la Police militaire, les Forces Spéciales, les régiments Para-Commando, le Détachement spécial d’intervention, les Services de renseignement, ainsi que la Gendarmerie nationale et les unités spéciales de la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN). Ces différents services contribuent à la sécurisation des frontières, et à la lutte contre la criminalité et la contrebande transfrontalière. Toutefois, étant à la fois face à l’autonomisation, à l’atomisation et à la connexion des cellules locales-étrangères et criminelles-terroristes, une institutionnalisation de la coopération des différents services s’imposait. La décision du président Abdelaziz Bouteflika de rattacher le Département de surveillance et de sécurité (DSS qui a remplacé le DRS) à la Présidence fin janvier 2016 est susceptible de dynamiser et de favoriser la synergie des acteurs, des services et des dispositifs qui renforcent l’efficacité opérationnelle des services.
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https://francais.rt.com/international/28802-surveillance-electronique-drones-algerie-renforce-securit%C3%A9-frontieres

Si l’armée algérienne et les services de renseignement obtiennent des résultats probants dans la lutte antiterroriste, sur le plan politique, l’Algérie traverse une crise profonde avec un président absent et une mauvaise gestion des affaires des l’État caractérisée par des scandales multiples. La situation de l’Algérie avec cette crise actuelle est-elle tenable ?

Les réserves de changes de l’Algérie ont connu une baisse considérable à un rythme inquiétant passant d’environ 200 milliards en 2013 à 114 milliards de dollars à fin décembre  2016. Le 4 décembre de la même année,  le gouverneur de la Banque d’Algérie avait avertit que « le maintien des réserves à ces niveaux dépend de l’amélioration des cours du pétrole, de la réduction des importations et de la poursuite de la stabilisation du dollar ». Les prévisions de la Banque mondiale sont pessimistes en situant le montant des réserves de change de l’Algérie, à l’horizon 2018, à 60 milliards de dollars. Toutefois, il n’y a pas de fatalisme. La situation pourrait être renversée. Il y a une marge de manœuvre non négligeable. Mais un volontarisme politique est indispensable, exigeant des décisions fermes et des reformes structurelles.

Mais en raison de la faiblesse des États voisins dans l’équation sécuritaire sahélienne, la politique algérienne considère le traitement des dysfonctionnements de ces États comme hautement prioritaire ;

  • La Tunisie passe une phase de vulnérabilité chronique en raison de la nature de la période de transition. L’armée tunisienne est limitée dans ses ressources et équipements, et manque d’expérience dans le traitement des groupes armés.
  • Au Sud, la sécurisation de la frontière avec le Mali dépend de la conclusion d’un règlement politique à la crise du Mouvement Azawad, afin de ne pas devenir un refuge et fief des groupes armés.
  • En ce qui concerne la Libye, elle s’est transformée en un arc de crise et « exportateur de la terreur ». Le pays souffre de l’absence de l’État, de la désintégration de la société, de la multiplicité des milices armées, et est devenu le théâtre de guerres par procuration qui nourrissent encore la guerre civile.

Tous ces facteurs rendent la sécurisation des frontières algériennes une question plus pressante que jamais, et en même temps ont imposé à l’Algérie la responsabilité d’assumer à elle seule la plus grande partie des efforts de sécurisation de ses frontières avec ses voisins. L’armée algérienne a confirmé que la sécurité et la stabilité de la région dépendent en grande partie de la sécurisation des frontières avec les pays voisins, qui nécessite le déploiement des unités militaires dans ces régions et implique une activité diplomatique axée sur la médiation pour rapprocher les vues entre les parties en conflit. Comme affirme l’édito de la revue El-Djeich (février 2015) : « Au plan régional, assurer la sécurité de l’Algérie ainsi que la stabilité de l’ensemble de la région, repose sur deux axes fondamentaux. Le premier, sécuritaire, s’articulant sur le déploiement d’unités militaires et de forces de sécurité dotées de tous les moyens et équipements nécessaires pour sécuriser les frontières avec les pays voisins et empêcher toute infiltration de terroristes ou circulation d’armements, particulièrement dans cette conjoncture marquée par la dégradation sécuritaire que connaît la région. Un rôle que l’ANP (ANP= Armée Nationale Populaire) accomplit avec fermeté et détermination parallèlement à la lutte contre la contrebande et le crime organisé, la protection de l’économie nationale et la lutte contre l’immigration clandestine, au regard de ses conséquences sur les plans sécuritaire, sanitaire et social. Le deuxième axe, diplomatique, qui se reflète à travers les initiatives de médiation et de rapprochement des points de vue entre les parties belligérantes, menées par l’Algérie en vue d’aboutir à la réconciliation nationale dans ces pays, de coordonner l’action et de coopérer avec eux dans le domaine de la lutte contre le terrorisme en mettant l’accent sur l’échange d’informations en temps opportun. Cette coordination et cette coopération ont fait que désormais la situation dans la région est davantage sécurisée et stable, grâce notamment à la méthode d’action et à la concertation, engagées dans le cadre du Comité d’état-major opérationnel conjoint (Cemoc) ainsi que dans le cadre bilatéral. Dans le prolongement de cette action, l’ANP, […] continue d’accomplir ses missions opérationnelles dans cette région avec détermination et professionnalisme, afin de resserrer l’étau sur les groupes terroristes, limiter leurs mouvements, tarir leurs sources de financement et d’armement jusqu’à leur éradication totale ».

La cohésion d’une société est étroitement liée à sa capacité de faire face à une multitude de risques et menaces découlant à la fois de l’environnement et de sa propre organisation. Construire et maintenir la sécurité et la paix sociale dépend fondamentalement des caractéristiques des systèmes politiques, car le caractère des institutions politiques d’un pays exerce un puissant effet sur le risque de défaillance de l’État. La mutation dans notre compréhension de la sécurité n’est pas seulement empirique, elle est aussi conceptuelle. La logique conceptuelle de la sécurité a considérablement évolué au cours des dernières décennies. La violence entrave l’éducation, la santé, la sécurité individuelle et donc la productivité personnelle, la poursuite d’opportunités d’affaires, le commerce et les échanges, le développement et la croissance économique, le bien-être matériel et le bonheur subjectif humains. La violence affecte des activités comme le commerce, les investissements étrangers, le secteur des assurances, le tourisme, etc. Le lien entre sécurité et développement est devenu tellement évident qu’il n’y a nul besoin de spéculer sur le pouvoir transformateur du développement. Mais quel est le type de développement approprié pour la paix ? Cette question fondamentale est au cœur du débat sur le lien entre sous-développement et conflits armés. Les potentialités de l’Algérie sont énormes, mais en état brut, qu’il faut transformer en capacité d’action. La faiblesse de l’Algérie est économique. Une bonne santé économique est une condition sine qua non pour une diplomatie active.

Toutefois, le cas algérien doit être appréhendé dans le cadre des perspectives de la démocratie au lendemain d’un conflit interne. Des études indiquent que les défis de la reconstruction des États endommagés par la guerre sont plus grands et souvent moins dociles que de mettre fin à la lutte elle-même. Après l’arrêt des combats, les dividendes de la paix ne sont pas automatiques. Les atrocités de la « décennie noire » ont laissé dans leur sillage un État affaibli, une économie en ruine, des souffrances humaines et des perturbations à grande échelle. Le coût de la violence va bien au-delà de la dimension matérielle. Il est la fois direct et indirect. En effet, les conflits armés entraînent des coûts énormes de types différents sur les individus, la société et l’État. D’abord, les coûts directs de la guerre se traduisent par les dépenses militaires. Ensuite, il y a les coûts liés aux conséquences de la guerre durant le conflit – perte de vies humaines et destruction du capital humain, blessures et souffrances humaines, destruction des infrastructures, perturbations économiques et sociales, etc. Enfin, les coûts après la fin du conflit car l’impact se poursuit même après la cessation des hostilités. Même longtemps après que la guerre a pris fin, les gens sont tués ou mutilés, principalement en raison de la destruction des infrastructures de santé publique et les déplacements de population, etc. La crise de l’Algérie est par essence politique, et la solution ne peut être que politique.

Tewfik Hamel

Interview réalisée par Mohsen Abdelmoumen 

Tewfik Hamel est chercheur en Histoire militaire & Études de défense attaché à CRISES (Centre de Recherches Interdisciplinaires en Sciences Humaines et Sociales) de l’université Paul Valéry à Montpellier et consultant. Chargé de recherche à la Fondation pour l’innovation politique (2008-2009), Tewfik Hamel est membre de RICODE (Réseau de recherche interdisciplinaire « colonisations et décolonisations ») et du comité de lecture de la revue Géostratégiques (Académie géopolitique de Paris). Il est également rédacteur en chef de la version française de l’African Journal of Political Science (Algérie), correspondant de The Maghreb and Orient Courier (Belgique) et membre du Cabinet de Conseil Strategia (Madrid)

Tewfik Hamel est l’auteur de nombreuses publications dans des ouvrages collectifs ainsi que dans de grandes revues spécialisées en France et dans le monde arabe (Sécurité Globale, Revue de la Défense nationale, GéoéconomieGéostratégiquesSTRATEGIA, Revue du marché commun et de l’Union européenne, Matériaux pour l’histoire de notre temps, NAQD, Magazine of Political Studies & International Relations, etc.). Auteur de rapports sur la situation géostratégique dans le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, sa dernière étude est intitulée  « Les menaces sécuritaires hybrides : quelles réponses à la jonction criminalité-terrorisme ? » (Institut National d’Études de Stratégie Globale, Présidence de la république, Alger, 2015). Son article dans la revue Sécurité Globale a été publié aux États-Unis sous le titre « The Fight Against Terrorism and Crime: A Paradigm Shift? An Algerian Perspective ».

Source: https://mohsenabdelmoumen.wordpress.com/2017/07/04/dr-tewfik-hamel-le-terrorisme-risque-de-devenir-ingerable-dans-un-proche-avenir-partie-1/
En savoir plus sur http://reseauinternational.net/dr-tewfik-hamel-le-terrorisme-risque-de-devenir-ingerable-dans-un-proche-avenir-partie-1/#FhHmK4aly1EEk7bH.99

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Lettre Type refus compteur Linky

Lettre recommandée avec Accusé de Réception

Objet : changement de compteur

Monsieur le Président,

Vous m’avez récemment adressé un courrier m’informant que l’un de vos agents viendrait à mon domicile pour procéder au changement du compteur d’électricité, l’actuel compteur devant être remplacé par un compteur LINKY.

Toutefois, il résulte de l’article L 322-4 du code de l’énergie que :

« Sous réserve des dispositions de l’article L. 324-1, les ouvrages des réseaux publics de distribution, y compris ceux qui, ayant appartenu à Electricité de France, ont fait l’objet d’un transfert au 1er janvier 2005, appartiennent aux collectivités territoriales ou à leurs groupements désignés au IV de l’article L. 2224-31 du code général des collectivités territoriales.

Toutefois, la société gestionnaire du réseau public de distribution, issue de la séparation juridique imposée à Electricité de France par l’article L. 111-57, est propriétaire de la partie des postes de transformation du courant de haute ou très haute tension en moyenne tension qu’elle exploite ».

Ce qui signifie que les compteurs (les anciens comme les nouveaux) appartiennent à la personne publique concédante.

Il faut préciser que cette propriété, d’origine législative, ne peut pas vous être transférée (Cour administrative d’appel de Nancy, 12 mai 2014, n° 13NC01303).

Dès lors, par la présente, je vous remercie de bien vouloir m’apporter la preuve de l’autorisation expresse que vous aura donné la personne publique concédante afin de pouvoir procéder aux changements de ses compteurs.

A défaut de la production d’une telle preuve, vous comprendrez que je ne peux vous laisser procéder à votre intervention sur un équipement qui ne vous appartient pas, sous peine d’engager ma responsabilité.

Par ailleurs, je vous remercie également de me communiquer par écrit la preuve que la domotique présente à mon domicile pourra continuer de fonctionner sans aucune difficulté en présence du CPL dont les radiofréquences de 63,3 KHz et 74 KHz sont prévues en superposition au 50 Hz et que toutes les mesures nécessaires ont été prises pour que ce dernier n’occasionne aucun dommage en matière de santé et ne porte pas atteinte à la protection de mes données personnelles.

Enfin, il convient que vous m’adressiez une attestation de l’assurance couvrant tous les risques pouvant être causés par les radiofréquences du CPL couplé à un tel compteur.

Dans l’attente de vous lire, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes salutations distinguées.

 

 

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Cc/ Monsieur le Maire

On nous empoisonne A ne surtout pas louper sur France 2

Chaque année, près de 100 000 tonnes de pesticides classés dangereux ou potentiellement dangereux sont utilisés en France. Les équipes de « Cash Investigation » et de francetv info ont analysé le détail des ventes de ces pesticides qui mettent en danger la santé de nos enfants.

Les données avec lesquelles nous avons travaillé proviennent du ministère de l’Écologie. Le ministère de l’Agriculture exerce également un droit de regard sur leur publication. Elles sont confidentielles et couvrent une période qui s’étend de 2008 à 2013 (et de 2009 à 2013 pour l’outre-mer).

Plusieurs milliers de pesticides différents ont été vendus sur le marché français pendant cette période. Si certains ne présentent pas de risques, d’autres contiennent des substances actives qui ont d’ores et déjà été identifiées comme présentant un risque probable ou avéré pour l’être humain. Certaines ont même été interdites au cours de la période observée, mais la plupart d’entre elles sont encore autorisées.

La Gironde, la Marne et la Loire-Atlantique en tête

Nous avons identifié 71 substances qui sont jugées dangereuses ou potentiellement dangereuses par des organismes américain (Environmental Protection Agency) et européen (base de données gérée par la Commission européenne) ou le Centre international de recherche sur le cancer, qui dépend de l’OMS.

Puis nous avons dessiné la carte des départements qui consomment ces substances en plus grandes quantités : les départements de la Gironde, de la Marne et de la Loire-Atlantique arrivent largement en tête de notre classement, avec des ventes de pesticides dangereux trois fois et demie supérieures à la moyenne de l’ensemble des départements français.

Cliquez sur chaque département pour connaître le détail des cinq pesticides dangereux les plus vendus près de chez vous, leur mode d’utilisation et les risques qu’ils comportent. 

http://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/pesticides/enquete-cash-investigation-quels-pesticides-dangereux-sont-utilises-pres-de-chez-vous_1294797.html#xtor=EREC-38-%5BPesticides%20dangereux%20:%20quels%20sont%20les%20plus%20utilis%E9s%20pr%E8s%20de%20chez%20vous%20?%5D-20160202-%5BUne%5D

 

Marre du Laxisme de l’Etat Français et de ces responsables politiques !!!!

Bonjour à tous,

Je suis resté silencieux pendant une longue période afin de digérer et analyser les faits qui ont endeuillé notre pays récemment.

Je partage la douleur de ceux qui ont été touché de prêt et/ou de loin par ces crimes du Vendredi 13 novembre. Cependant, nous avons échappé au pire, car si les terroristes Islamistes avaient réussie leur coup au Stade de France nous aurions eu un  CARNAGE, par l’incompétence et le laxisme de nos dirigeants.

Je suis en colère, oui par le manque de responsabilité et de respect de nos dirigeants, par leur laxisme à ne pas prendre de mesure afin de préserver les citoyens au lieu de préserver l’Etat qui leur est si cher!

Ce Vendredi 27 novembre, je mettrais comme la semaine dernière et les autres vendredi à venir une bougie en signe de deuil mais aussi de respect vis à vis des victimes et je vous demande de partager ces informations auprès de vos amis et proches et de ne pas mettre de drapeau Français à vos fenêtres ce vendredi 27 Novembre comme le demande notre Flamby national et sa clique d’incompétent.

L’attitude de ce gouvernement et des précédents est une HONTE pour le peuple Français.

Cette gabegie a assez durée, ce non respect pour le peuple Français et de ceux qui sont morts dans les différents attentats ne servent que l’ego et la prétention des ces politicards véreux.

Messieurs les politicards, vous voulez toucher l’Etat Islamique, commencer par couper les finances en gelant les avoirs, les transactions, en cessant tout commerce en achetant leur pétrole, leur gaz,  plutôt que surveiller les retraits de plus de 600€ au DAB en profitant bien sur des événement pour flicquer un peu plus les dépenses des Français au prétexte fallacieux de vouloir traquer les terroristes.

Qu’attendez vous MMe TAUBIRA pour expulser les radicaux de France et/ou faire appliquer les peines de prison promises par nos juges, au lieu de poursuivre ceux, qui vous critique ou vilipender sur le FN, cible de choix de vos amis Valls, Cazeneuve tout aussi incompétent que vous au lieu de protéger la France.

Qu’attendez-vous Monsieur le Franquiste Valls et l’autre Pontus Pilatus de Cazeneuve pour écouter et prendre en compte les alertes émises des services secrets étrangers? Ceux de la Syrie, oh ben non, Alors!  Ils sont vilains, Bachar est notre ennemis alors hop alerte à la poubelle et on écoute pas!

Ceux de la Turquie qui a émis deux alertes en Octobre et debut Novembre et peut-être d’autre pays dont les médias ne font pas états. Heureusement, que nous avons parmis tout ces traites et incompétent Belkacem une autre incompétente Franco-Marocaine qui  a permis d’écouter, ENFIN, l’alerte des services secrets du Maroc et bien sur ceux du Mossad (mais personne n’en parle).

Je passerai sur ceux de l’Algérie via leur Orange national qui a été incapable d’envoyer un mail ou de passer un coup de fil (il est vrai que c’est exorbitant la seconde téléphonique) pour prévenir la DGI, DGE et autre DST parce qu’un maudit requin avait bouffé le cable internet entre l’Espagne et l’Algérie et vous savez quoi, il n’y pas de cable de secours (excuse véridique fournit par AT) et de la messagerie Yahoo qui a déconné, depuis bannie et remplacé par Gmail (quelle rigolade). Voilà les guignols qui nous gouvernent et qui ce permettent de nous donner des leçons ou de nous interdire de faire tel ou tel chose…..

Nous sommes dans une dictature et non dans une République ou alors celle-ci est bananière n’en doutons plus avec ses magouilles et ses services rendus entre ploutocrates et Rastignac au service de leur nombril et non de la France.

Dehors imposteurs, démission et condamnation de tout ce ramassis d’incompétent, vous n’êtes pas digne d’avoir les égards d’une République que vous haïssez et que vous liquider au nom d’un crise que vous avez créer.

Ce qui arrive en France, aujourd’hui n’est ni plus ni moins de votre faute, de votre refus d’appliquer la loi, de votre laxisme, vous dite aimer la France, C’EST FAUX !!!!!

Pour preuve lisez ce que la soeur d’une des victimes du Bataclan écrit et je la soutien à 200%, je vous met aussi la vidéo en dessous, de l’intervention du journaliste Thomas Guénolé qui a été viré suite à cette chronique ou il ne fait que faire son métier de journaliste, c’est tellement rare aujourd’hui, ce qui lui a valu d’être viré comme une Merde, à la demande express de Monsieur Cazeneuve et nous ne sommes pas sous une dictature ?

ET OUI LA VERITE FACHE !

Emma Prev

23 novembre, 10:41 · Lambersart, France ·

Vendredi 27 novembre, un hommage national sera rendu aux victimes des attentats terroristes du 13 novembre dernier.

En tant que famille de François-Xavier Prévost, victime de cette tuerie, nous n’y participerons pas.

Nous refusons cette main tendue par les représentants politiques de la France pour plusieurs raisons :

  • Parce qu’en France, les attentats perpétrés du 7 au 9 janvier de cette année ont fait 17 victimes,

Que depuis, rien n’a été fait. Si des textes ont été votés, aucun décret d’application n’a encore été publié. Que 10 mois plus tard, les mêmes hommes, sont en mesure de recommencer et faire cette fois-ci, 10 fois plus de morts,

  • Parce qu’en France, il est possible d’être en lien avec un réseau terroriste, de voyager en Syrie, et de revenir, librement,

  • Parce qu’en France, des personnes fichées S (pour « atteinte à la sûreté de l’Etat » ou visées terroristes) circulent librement, empruntent n’importe quel moyen de locomotion (je pense notamment à l’attentat déjoué du TGV Thalys le 21 août dernier), louent des voitures (les voitures utilisées le 13 novembre pour perpétrer les fusillades dans les rues du 10e arrondissement de Paris avaient été simplement louées), travaillent à nos côtés (je fais ici allusion à l’un des employés de la RATP)…

Il faut rappeler que le recensement de certaines personnes en catégorie S n’entraîne aucune action automatique de coercition, ni même aucune obligation de suivi ou de surveillance par les autorités. Par ailleurs, les fiches S sont temporaires. Si une personne fichée ne commet aucune infraction et se fait oublier, sa fiche est effacée au bout d’un an.

  • Parce qu’en France, 89 mosquées sont recensées comme étant radicales, c’est à dire qu’elles appellent ou profèrent la haine. Qu’il a fallu attendre les événements tragiques du 13 novembre pour que se pose enfin la question de leur dissolution.

  • Parce qu’en France, un homme ayant perpétré un homicide en 2006, condamné en 2008, est libre en 2013. Parce que ce même homme n’a pas peur de dire à la France entière après avoir hébergé plusieurs jours des terroristes « On m’a demandé de rendre service, j’ai rendu service ». Ben oui…

  • Parce que les représentants de l’Etat français ont décidé de mener des raids aériens contre l’Etat Islamiste en Irak puis en Syrie sans se soucier de préserver, avant d’agir, la sécurité de leurs concitoyens.

Alors NON, merci Monsieur le Président, Messieurs les politiciens, mais votre main tendue, votre hommage, nous n’en voulons pas et vous portons comme partie responsable de ce qui nous arrive ! C’est plus tôt qu’il fallait agir. Les attentats du mois de janvier auraient dû suffire !

J’APPELLE AU BOYCOTT DE L’HOMMAGE NATIONAL RENDU AUX VICTIMES ET VOUS INVITE A PARTAGER MON STATUT

 

VIDEO de Thomas Guénolé clic sur ce lien 

Quand EDF, sponsor de la conférence sur le climat, investit discrètement dans les gaz de schiste

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Une filiale d’EDF exploite du gaz de schiste aux Etats-Unis et recourt à la très controversée fracturation hydraulique. Un paradoxe, alors que la France, propriétaire de l’entreprise publique, a interdit cette technique très polluante sur son territoire. Et que le gouvernement vient de choisir EDF parmi les sponsors officiels de la conférence sur le climat, la COP 21, qui aura lieu à Paris fin novembre. C’est pourtant bien ce que révèle une première version de son rapport « développement durable » publié temporairement sur le site du groupe.

Tout part d’une filiale d’EDF opérant loin des regards du grand public : EDF Trading. Celle-ci regroupe les activités de négoce du groupe et emploie environ un millier de personnes, principalement à Londres, où elle a son siège, et aux États-Unis. EDF Trading est chargée de l’achat et de la vente de charbon, de pétrole, de gaz et d’électricité pour le compte du groupe EDF, ainsi que du négoce des crédits carbone. Elle mène aussi des opérations de trading en son nom propre, comme acheter des kilowattheure d’électricité bon marché pour les revendre au meilleur prix. Des activités extrêmement rentables : en 2014, son chiffre d’affaires s’élève à 856 millions d’euros pour un profit net de 386 millions d’euros (373 millions en 2013), dont elle a reversé les deux tiers à sa maison mère sous forme de dividendes.

Pour optimiser ses activités de négoce, EDF Trading a dû acquérir des infrastructures de transport et de stockage de charbon, de gaz et d’autres matières premières. Elle réalise désormais directement ses propres opérations d’extraction de gaz. Et a créé une sous-filiale dédiée, EDF Trading Resources (ou EDFTR), dont le siège social est à Austin au Texas. Cette filiale se présente comme une « compagnie indépendante d’exploration et de production de pétrole et de gaz naturel » ! Elle est dirigée par une petite équipe de cadres issus du milieu pétrolier texan. EDFTR ne possède en fait que deux zones d’opérations, l’une dans l’Est du Texas (environ 500 puits sur 120 kilomètres carrés), l’autre en Pennsylvanie, dans le comté de Greene, qui correspond à la formation de gaz de schiste de Marcellus (sur 80 kilomètres carré), où 45 forages seraient exploités.

Quand EDF se prend pour un pétrolier texan

Dans une première version de son Rapport de développement durable 2014, qui a été temporairement publié sur le site de l’entreprise et que nous avons pu consulter, EDF reconnaît recourir à la fracturation hydraulique en Pennsylvanie. « Le premier forage est prévu fin 2014 – début 2015. Le projet est en phase de développement (préparation pour le premier forage et acquisition de droits fonciers) », précise le rapport.


Dans ses « éléments de réponses », destinés à contrer les controverses, EDF assure que « le gaz de schiste n’est pas un élément central de sa stratégie industrielle » et que ses forages par fracturation hydraulique seront développés « selon les plus hauts standards industriels » [1].

Problème : pour ses opérations en Pennsylvanie, la filiale d’EDF a choisi un partenaire dont les activités passées sont peu rassurantes du point de vue du respect de l’environnement : Alpha Natural Resources, une entreprise spécialisée dans le charbon, notamment dans la technique dite du « mountaintop removal ». Cette pratique, expérimentée dans la chaîne des Appalaches, consiste à faire exploser le sommet des montagnes pour en extraire plus facilement du charbon. Une technique d’extraction très lourde en terme de pollutions et de risques sanitaires (lire notre enquête).

Un encombrant et polluant partenaire

Alpha Natural Resources a d’ailleurs écopé en 2014 d’une amende record de 227,5 millions de dollars, la plus importante jamais infligée dans le secteur du charbon par l’Agence fédérale de protection de l’environnement (EPA). En cause, le déversement illégal de millions de litres de déchets toxiques dans les cours d’eau de Virginie occidentale. Ce passif augure mal du respect des « plus hauts standards industriels »promis par EDF pour ses forages. La région de Marcellus en Pennsylvanie est l’un des exemples les plus emblématiques et les plus controversés des risques de l’exploitation du gaz de schiste pour les ressources en eau. Plusieurs études ont confirmé la pollution des eaux souterraines de la région du fait de la fracturation hydraulique. Même la très prudente Agence fédérale de l’environnement a récemment reconnu des problèmes [2].

Schizophrénie ? L’État demeure propriétaire d’EDF à hauteur de 84%. Et la France a interdit la fracturation hydraulique en 2011. Pour l’instant, le gouvernement tient bon face aux pressions des lobbies industriels qui souhaitent la levée du moratoire. L’ancien PDG d’EDF, Henri Proglio, n’était pas non plus partisan de l’exploitation du gaz de schiste en Europe, par crainte de la concurrence vis-à-vis de l’énergie nucléaire, de plus en plus coûteuse. EDF est ainsi ostensiblement absente du « Centre hydrocarbures non conventionnels », le lobby récemment créé par les grands groupes du CAC40 pour promouvoir la cause des gaz et pétroles de schiste en France.

L’ombre des traités de libre-échange

Il y a un an, EDF a affronté une avalanche de critiques après avoir annoncé l’importation de gaz naturel liquéfié en provenance des États-Unis, pour partie issu de gisements de schiste. Son fournisseur, Cheniere Energy, est en train d’achever la construction d’un terminal de liquéfaction géant sur la côte de la Louisiane pour faciliter ces exportations. Confrontés à une crise du secteur du schiste américain, en raison de la surproduction et de la chute des prix, les industriels misent désormais sur les marchés asiatiques et européens pour relancer la fracturation hydraulique.

Cela tombe bien : deux traités de libre-échange sont en cours de négociation : les exportations de gaz sont au cœur des projets d’accords commerciaux trans-pacifique (TPP), pour l’Asie, et transatlantique (TAFTA/TTIP), pour l’Europe [3]. Engie (ex GDF Suez) est d’ailleurs partie prenante d’un autre projet d’usine géante de liquéfaction de gaz sur la côte de Louisiane, Cameron LNG. Ce secteur d’activités intéresse évidemment EDF Trading. Même si elle prétend le contraire, l’entrée d’EDF dans la production de gaz de schiste ressemble à un choix stratégique.

L’entreprise encore publique vient d’être désignée sponsor officiel de la Conférence climat (COP21) qui doit se tenir à Paris en fin d’année. Et ce, malgré ses investissements substantiels dans les énergies fossiles, notamment le charbon [4]. Pour justifier leur choix, les autorités françaises expliquent qu’EDF et les autres entreprises sélectionnées ont pris des engagements en faveur de la transition énergétique, vers le passage à une économie « décarbonée ». Avec la décision d’investir dans le gaz de schiste – qui émet autant de gaz à effet de serre que le charbon en raison des fuites de méthane –, EDF, où l’État est pourtant majoritaire, prend plutôt le chemin inverse.

Olivier Petitjean

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Photo : Sarah Craig/Faces of Fracking CC

Affaire pédophilie Jack Lang : Le Procureur de la République de Libourne (Gironde) ordonne une information judiciaire

Puisque nous sommes dans les affaires cachées, en voici une autre que je suis depuis 3 ans maintenant et qui a du mal à voir le jour et pour cause.

Elle impliquerait (le dossier est en cours d’instruction) 2 anciens Ministres Messieur Jack Lang et Pierre Moscovici et un Président de la République (oui, oui) Mr Gneuuuu, Gneuuuuu, himself.

Source: Cagou.com

Une bombe à retardement

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Après le malade sexuel évité de justesse ( et de justice ) voici les vrais visages de ces messieurs donneurs de leçon de morale à la terre entière.
Bel exemple non ?

Dépôt de plainte pour pédophilie contre Jack LANG,Dépôt de plainte également pour non dénonciation de crimes contre François Hollande et Pierre Moscovici .
Une enquête préliminaire a été ouverte par le Procureur de la République des Sables d’Olonne (Vendée) contre Jack LANG (ex-ministre de la République Française) pour viol en réunion sur LAUREEN, une fillette de 4 ans, aujourd’hui décédée des suites de ces abus.

Suite à ses plaintes, M. Emmanuel VERDIN, père de la victime, a été auditionné le 3 janvier 2012 à la Gendarmerie de Bourg-sur-Gironde pendant 4h (audition 1252/2011).
Il a ainsi impliqué François HOLLANDE et Pierre MOSCOVICI pour non dénonciation de crimes et a porté plainte contre tous les protagonistes de l’affaire.

Une information judiciaire a ainsi été ordonnée par le Procureur de la République de Libourne (Gironde) concernant les services de police et de justice soupçonnés de faux témoignages et de dissimulation de preuves dans le but d’étouffer l’affaire.

Enfin, le Procureur Général de la Cour d’Appel de Poitiers ainsi que la Chancellerie sont saisis de l’affaire »
Communiqué d’Emmanuel VERDIN, père de Laureen afin que cette affaire grave ne soit pas étouffée par la justice et les médias, vous pouvez retrouver tous les témoignages et les documents nécessaires sur Internet.

Vidéo de la plainte :http://goo.gl/Emk5P

Récit du père de Laureen) :http://goo.gl/Rr2Vj

Vidéo avec Luc Ferry : https://youtu.be/ndqFZqjKrqo

Source: Cagou.com

Après Outreau, nouveau SCANDALE PEDOPHILE ignoré par la justice !

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Résumé de l’affaire:

Une maman sans reproche, qui après séparation d’avec leur père avait la garde de ses trois enfants par décision devenue définitive du Juge aux affaires familiales rendue le 18 novembre 2005, dépose une plainte à la gendarmerie de St-Tropez le 10 octobre 2007, pour le viol de sa fille de 6 ans par un ami du père.

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Le lendemain, après l’audition filmée de ses enfants, le procureur de Draguignan (Var), Christian Girard, lui a fait retirer par onze gendarmes ses 3 enfants, de 6 ans, 5 ans et 3 ans dont elle n’aura plus aucune nouvelle pendant 3 semaines : « Ordre du procureur de ne rien vous dire »  lui oppose-t-on partout.

Non convoquée aux audiences du Juge des enfants, la garde exclusive de ses enfants a été remise pour un an au père, 3 semaines après leur enlèvement et leur placement en foyer. Elle n’obtiendra de les revoir que 83 jours plus tard, un week-end sur deux et la moitié des vacances scolaires, sans motif et malgré le jugement du Juge aux affaires familiales.

Un an après, elle apprendra que ce n’est pas seulement sa fille qui aurait été violée, mais les 3 enfants, depuis le mois d’août 2007, tous les jours par leur père, et tous les mercredis, samedis et dimanches, avec d’autres enfants par de nombreux adultes, photographiés et filmés.

Elle apprendra encore beaucoup plus grave, les enfants ont dit avoir été obligés d’assister et de participer à des tortures et des meurtres d’enfants filmés, ce qui est appelé des snuff movies.

Après avoir révélé 16 meurtres d’enfants à leur mère, le Juge des enfants a supprimé à la mère totalement son droit de visite et d’hébergement. Elle ne reverra ses enfants qu’au bout de 22 mois et seulement 2 heures tous les 15 jours en lieu médiatisé.

Dès que la maman a appris le premier meurtre, elle a aussitôt alerté, avec de nombreuses pièces à l’appui, le 12 décembre 2008, le Président de la République, le Ministre de la Justice et le Ministre de l’Intérieur qui ont renvoyé le dossier au procureur de Draguignan.

Une enquête préliminaire a été engagée en février 2009 par le parquet de Draguignan qui a abouti en juin 2009, sans autre procès et au mépris de la loi en son article 79 du Code de procédure pénale et 226-10 al.2 du Code pénal, à la garde à vue pendant 36 heures de la mère des enfants, de leur grand-mère et son compagnon pour dénonciation calomnieuse et à leur renvoi devant le Tribunal correctionnel à l’audience du 30 juillet 2009, renvoyée à celle du 10 décembre 2009, puis à celle du 30 avril 2013 et enfin à celle du 9 janvier 2014 à 13h15, soit 4 ans et demi de renvois qui permettent ainsi de ne pas instruire les faits révélés par les enfants et de les garder écartés de leur maman protectrice.

Le 30 novembre 2009, une courageuse gendarme du Var, sous le nom de AMIDLISA a dénoncé sur Internet et sur de nombreux sites d’associations humanistes un réseau pédocriminel sévissant dans la région tropézienne et couvert par toutes les Institutions dont celle de la Justice, en citant nommément quelques magistrats impliqués.

Dans cette lettre, on peut reconnaître point par point l’affaire de la « maman apparemment parfaite » comme elle dit et de ses trois enfants !Où en est-on aujourd’hui ?

Malgré la lettre d’AMIDLISA du 30 novembre 2009 sur INTERNET, qui a été reprise par de nombreux sites, envoyée à tous les députés des deux législatures, à tous les sénateurs, à tous les députés européens de langue française, malgré un DVD du résumé de l’affaire avec pièces probantes et enregistrements audios et vidéos des enfants remis à tous les ministres des deux  gouvernements, aux deux Présidents de la République, à tous les candidats aux élections présidentielles et à leur parti, au Président du Conseil Général du Var, au Préfet du Var, au Commandant de Gendarmerie du Var, etc…à tous les rédacteurs en chef de tous les journaux locaux et nationaux français, belges et suisses, au Conseil Supérieur de la Magistrature et à de nombreuses personnalités sans compter Interpol, les Renseignements Généraux, les Légionnaires et les nombreuses associations de défense des femmes et des enfants, aux Instances religieuses des 3 religions monothéistes, Gilles Bernheim, Grand Rabbin de France, Dalil Boubakeur, Recteur de la Grande Mosquée de France et le Pape Benoît XVI, malgré une plainte de crimes contre l’Humanité déposée à la Cour Européenne des Droits de l’Homme, à la Cour Pénale Internationale, à la Cour de Justice Européenne en juin 2011, etc. rien ne bouge !

La Justice refuse d’instruire et de juger les faits criminels malgré son obligation légale !

Les députés et les sénateurs informés renvoient l’affaire au Ministère de la Justice 

Les ministres renvoient au Ministre de la Justice.

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Le Président de la République « qui assure par son arbitrage le fonctionnement régulier des pouvoirs publics », en vertu de l’article 5 de la Constitution, dit qu’il ne peut rien faire en vertu de la séparation des pouvoirs.

Et le Ministre de la Justice qui est chargé de veiller au bon fonctionnement du système judiciaire renvoie l’affaire au parquet du Tribunal de Grande Instance de Draguignan, celui-là même dont les dysfonctionnements nombreux ont été dénoncés et qui fait partie de son Administration !

On tourne en rond… pendant qu’une maman et des enfants sont en grande souffrance depuis 6 ans et que 16 enfants auraient été torturés et tués pour faire des films qui rapportent beaucoup d’argent !

Un procès en dénonciation calomnieuse devant le Tribunal correctionnel de Draguignan doit avoir lieu le 9 janvier 2014 à 13h15 contre la maman et son beau-père pour avoir dénoncé les faits criminels racontés par ses enfants, preuves incontestables à l’appui, alors que ces faits criminels n’ont jamais fait auparavant l’objet d’une instruction judiciaire comme l’exige la loi et d’un renvoi devant une Cour d’Assises!

Ici pas de procès pour juger les faits, seulement des psychiatres pour dire que les faits sont imaginaires et donc… délirent ceux qui les dénoncent!

Puisqu’en France le Peuple est souverain,
Puisque la Justice rend ses décisions au nom du Peuple,

Si cette Justice refuse de rendre la justice malgré son obligation légale en vertu de l’article 4 du Code civil, et si l’Etat faut à son devoir de protection juridictionnelle, alors le peuple souverain peut et doit rendre la justice en son propre nom !

Et bien… jugez vous-même !

Voici l’ordonnance de renvoi devant le Tribunal correctionnel du juge d’instruction, à la demande du procureur, telle qu’elle sera lue le jour de l’audience avec les réponses en bleu sous chaque paragraphe numéroté qui permet d’évoquer une partie de l’affaire avec des preuves, et de dévoiler l’inconcevable.
Ordonnance du 24 07 2012  et réponse de la défense 

IMPORTANT

Il est important de savoir que cette ordonnance de renvoi devant le Tribunal correctionnel n’a pas été prise ni rédigée par le juge qui a fait l’instruction en dénonciation calomnieuse mais par son successeur suite au réquisitoire du procureur de la République.

Madame Estelle Lassaussois qui a instruit cette affaire uniquement sur les chefs de dénonciation calomnieuse, alors que les faits criminels dénoncés n’ont eux jamais été instruits, a été saisie le 11 décembre 2009 par le procureur.

Son instruction a consisté à refaire faire des expertises psychiatriques des 3 personnes qui, sur interrogatoire des gendarmes, avaient rapporté des faits criminels révélés par les enfants, les expertises ordonnées par le président du Tribunal correctionnel le 30 juillet 2009 n’ayant pas relevé de trouble mental chez aucune de ces trois personnes.

Madame Lassaussois a bien précisé aux mis en examen pour dénonciation calomnieuse qu’elle n’était pas saisie des viols et a refusé l’examen des preuves apportées par Jack Maillard.

Elle a rendu une ordonnance de fin d’instruction le 13 mai 2011 qui laissait 3 mois de délai pour demander un complément d’instruction et des demandes d’actes qui n’ont pas été accordées aux mis en examen pour assurer leur défense et faire la vérité dans cette affaire.

C’est seulement un an après, le 6 avril 2012, suite à de nombreuses alertes d’enfants en danger auprès du procureur de la part de membres de différentes associations chargées de la protection de l’enfance qui avaient reçu le dossier concernant cette affaire, que le procureur a adressé un réquisitoire au juge d’instruction aux fins d’un renvoi devant le Tribunal correctionnel et a répondu aux associations que Sophie Giuli faisait l’objet d’une information judiciaire pour dénonciation de faits imaginaires, dérogeant ainsi aux obligations de sa fonction.

Ce procureur, Madame Drouy-Ayral, a été décorée de la Légion d’Honneur par le Président de la République le 14 juillet 2012.

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Madame Lassaussois a été mutée par décret du 20 juillet 2011 à St-Pierre-de-la-Réunion et c’est donc une autre juge d’instruction, Madame Olivia Giron, nommée par le même décret du 20 juillet 2011 pour sa mutation du TGI de Grasse à celui de Draguignan, qui n’a pas suivi l’affaire, qui a pris cette ordonnance de renvoi devant le Tribunal correctionnel conformément à  la demande du Procureur.

Cette ordonnance comporte à différents endroits des étoiles alignées au nombre de 5 *****

Cette manifestation de signes se retrouve dans de nombreuses décisions judiciaires ou conclusions d’avocats, et le résultat observé est que la « victime » est toujours perdante !

Aucun signe distinctif pouvant laisser croire à un langage codé ne doit paraître dans les pièces judiciaires, ce qui manifestement n’est pas respecté ici et justifierait l’annulation de cette ordonnance.

Source : AMIDLISA

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Pour les contacter: amisdelisa@yahoo.fr

téléphone: 04 78 74 19 47

La grippe a contribué à une surmortalité record de 18 300 décès cet hiver

La grippe a contribué à une surmortalité record de 18 300 décès cet hiver

L’épidémie de grippe de « forte ampleur », qui a durement frappé les personnes âgées, a contribué à une surmortalité hivernale record de 18 300 décès en France, selon le bilan définitif de l’Institut de veille sanitaire (InVS) publié vendredi 22 mai. Il s’agit de l’excès de mortalité le plus élevé depuis la mise en place du système d’évaluation, c’est-à-dire depuis l’hiver 2006-2007.

Et on nous pénalise encore et encore en réduisant encore la vitesse en ville et sur les routes pour 4 vies , eh ben !!!!
Il est vrai que c’est plus facile d’attraper des conducteurs contrevenants que des virus 🙂 !

Mensonges sur les dangers des téléphones portables (videos)

Toujours en recherche des mensonges, le plus dure c’est pas d’en trouver c’est de choisir parmi les milliers que je trouve lequel mettre en avant en premier….

Cette semaine, les ondes radios, les micros ondes et donc, les téléphones portables.
Un nouveau scandale dévoilé que vous ne verrez jamais a la TV ni dans les journaux !Une nouvelle étude scientifique vient enfin de dévoiler pourquoi les abeilles meurent par millions partout dans le monde, la réponse est : les micros ondes des relais de téléphones portables, et bien sur les téléphones eux mêmes.

Les abeilles se dirigent grâce a électromagnétisme de la Terre, les micro ondes des relais et appareils mobiles (les fixes sans fils aussi utilisent des micro ondes) perturbent les champs electro magnétiques terrestres, les abeilles ne retrouvent plus le chemin de la ruche et meurent.
+60% des abeilles peuplant la terre ont disparus, rien de grave c’est juste grace aux abeilles que la pollinisation des plantes se fait et que donc les plantes se reproduisent…

Heureusement Monsanto avec ses graines transgéniques prendront le relais (pour ceux qui peuvent se payer les graines evidement).

Mais ne vous inquietez surtout pas, car il y a des instituts chargés de protéger les consomateurs et de surveiller les effets des micro ondes des portables sur le cerveau humain.Et devinez qui a fondé et qui paye ces instituts qui nous veulent du bien ?

Et la réponse est : Les fabricants de téléphones portables et les industriels qui déploient les réseaux !

PS: Et pour Monsanto c’est pareil ne vous inquiétez pas, ils ont aussi fondé et financent l’institut en charge de surveiller les dangers des plantes transgéniques.

Et devinez sur quelle base se font tous les test au niveau mondial ?
Sur un cerveau d’homme adulte utilisant le téléphone comme c’est indiqué en minuscule dans les contrats des fabricants qu’évidement tout le monde lis dans les moindre détails et qui nous signalent qu’il faut éviter d’utiliser son téléphone quand ça capte mal (car plus ca capte mal plus le téléphone amplifie l’onde pour pouvoir capter) ou chez la femme enceinte.
Pas de danger donc, tout va bien, même si le cerveau test est celui d’un homme adulte et que la moyenne d’age du premier téléphone portable en France est de 8 ans, soit avec un crane 5 fois plus fin que celui d’un homme adulte.

Pas de lien de cause a effet sur l’accroissement extraordinaire d’infertilité masculine (les portables dans les poches de pantalons), ni sur l’augmentation du cancer des seins chez les femmes (téléphone dans le sac a main)…

Les taux de cancer du cerveau 10 fois plus élevés dans les populations à proximité d’un relais téléphonique… pas de lien nous disent les instituts en charge de notre bonne santé (ou de la santé financière des fabicant peut etre ?).
Déjà que je détestait le portable car ca m’angoisse de me faire appeler quand je veux être tranquille, j’en suis devenu dépendant, tout comme la plupart des gens. Mais la franchement je me dégoute de participer a financer ces criminels et a détruire la nature et mon corps par la même occasion.

Autre chose, en général pour qu’une étude soit faite sur un danger cancérigène il faut 15 a 20 ans de recul car les symptômes n’apparaissent jamais avant 10 ou 15 ans.
Le Fric, le Fric, le Fric… qu’importe les danger, le fric était trop important, nous avons été et sommes encore les cobayes de ces industriels sans scrupules.

Regardez cette vidéo (je sais c encore en anglais, mais c pas de ma faute si y’a rien en Francais !)

En tout cas, bien joué messieurs les Illuminatis, on est vraiment trop cons, vous auriez tord de pas vous gaver sur notre dos !

Ils font d’une pierre 4 coups :
– réduction de la population mondiale
– obligation de passer par Monsanto
– petit billet au passage le temps qu’on est en vie et qu’on téléphone
– re-petit billet a la fin pour les soins cancéreux et paliatifs histoire qu’il reste rien pour nos enfants.

A j’oubliais, vous connaissez la résonance de Shumman ?
C’est la découverte que la Terre émet une fréquence de 7,83 Hz, et d’après vous quelle est la fréquence émise par le cerveau humain ?
7,83 Hz !
Coïncidence ? Je crois pas.
Ça c’est la fréquence de la nature et de l’homme.

Posez vous la question des effets désastreux de la soumission du cerveau humain a des fréquences aussi élevées que celles d’un portable (2100 MHz pour la 3G, de 2400 a 5000 pour le wifi).

Vous téléphonez pas beaucoup, ou pas du tout, ne vous en faites pas vous subissez les mêmes ondes, sauf si vous vivez dans le désert ou que vous etes protégé par une cage de Faraday.

Dossier Epandage – Chemtrails

Lundi 7 avril 2014 à 9 h : Ciel au-dessus de Pyrénées (depuis Lourdes), du jamais vu.

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Jusqu’ici, nous étions relativement épargnés par ces épandages (autrement appelés « chemtrails », par distinction des « contrails », qui ne sont que des traînées de condensation, courtes et furtives).
L’être humain peut-il être abruti à ce point, pour ne pas voir ce qu’il a sous les yeux ?
Et ce Soleil blanc*, qui n’a plus rien à voir avec ce que les plus anciens ont pu connaître…
Pour info, voici quelques références en rappels (juste quelques extraits, car le dossier est vaste et interconnecté avec d’autres aspects) :

La réalité des chemtrails enfin prouvée par une lanceuse d’alerte
Luke Rudkowski, un journaliste-militant de l’association américaine WeAreChange, a récemment interviewé Kristen Meghan, une jeune retraitée de l’armée de l’air US, au sujet des chemtrails :

http://croah.fr/videos/chemtrails-revelations-dune-jeune-retraitee-de-larmee-americaine-3/ http://www.youtube.com/watch?v=NMi1b2gDTMc (7 mn 47) http://www.geoengineeringwatch.org/
Traduction : http://translate.google.com/translate?sl=en&tl=fr&js=n&prev=_t&hl=fr&ie=UTF- 8&u=http%3A%2F%2Fwww.geoengineeringwatch.org%2F&act=url

Les réacteurs des avions modernes ne produisent pas ou peu de traînées de condensation (contrails) http://chemtrailsplanet.net/2014/02/22/chemtrails-confirmed-again-modern-jet-engines-incapable-of- producing-contrails/

http://translate.google.com/translate?sl=en&tl=fr&js=n&prev=_t&hl=fr&ie=UTF- 8&u=http%3A%2F%2Fchemtrailsplanet.net%2F2014%2F02%2F22%2Fchemtrails-confirmed-again- modern-jet-engines-incapable-of-producing-contrails%2F&act=url

Chemtrails : Crimes clandestins et continus contre l’humanité

http://www.cielvoile.fr/article-chemtrails-crimes-clandestins-et-continus-contre-l-humanite- 122138061.html

Chemtrails et HAARP
– Un neurologue prévient que l’aluminium des chemtrails pourrait entraîner « une augmentation explosive des maladies neurodégénératives » : https://www.dropbox.com/s/6n9c1oq5jlz2oa2/Maladies%20neurod%C3%A9g%C3%A9%C3%A9rative s%20et%20chemtrails.pdf (PDF 1 page)

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Le trafic aérien est en baisse depuis 2000, il ne peut donc pas être invoqué pour expliquer la prolifération des chemtrails
Le trafic est même revenu au niveau de 1997, soit il y a 17 ans ! Les avions transportent plus de passagers, mais ils sont plus gros (si bien que le trafic baisse) et en plus, ils consomment moins de carburant. L’augmentation du trafic ne peut donc pas être une explication aux chemtrails de plus en plus envahissants ! http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/series_longues_1986_2012-v1.pdf

NB : Les liens « Dropbox » doivent être copiés dans votre navigateur pour fonctionner.

– Les chemtrails sont associés à HAARP
Chaque téléphone, même éteint, permet de réémettre des basses fréquences de type HAARP :
« Ce que l’on sait peu, c’est que même lorsqu’ils sont éteints, les téléphones portables émettent pour assurer une fonction de repérage qui a été confirmée par plusieurs sources : militaire, judiciaire, pompiers. Pour la petite histoire, les virtuoses du plastiquage de l’Île de Beauté sont désormais au courant : ils laissent leur portable chez eux lorsqu’ils se rendent à certaines « réunions ». Confirmation : il donne même les coordonnées géographiques précises dudit téléphone, idem pour toutes les voitures récentes… Ce que l’on sait encore moins, c’est que la gigantesque installation militaire US HAARP, co-gérée par l’US Navy et l’US Air Force, qui envoie depuis 2001, en direction de l’ionosphère, des ondes ayant une action sur le climat, émet aussi des Fréquences Extrêmement Basses (ELF). Nick Begich et Jeane Manning, auteurs de « Les anges ne jouent pas de cette HAARP », qui enquêtent sur ce dispositif depuis plus de sept ans, affirment ceci : « D’après les fiches techniques, lorsqu’il fonctionne à pleine puissance, HAARP peut envoyer des ELF à des niveaux d’énergie suffisants pour affecter les populations de régions entières ». Ils rapportent les propos de Patrick Flanagan, l’inventeur du Neurophone, qu’ils ont interviewé à ce sujet : « Le programme HAARP pourrait être non seulement le plus grand « radiateur ionosphérique » du monde, mais aussi le plus colossal instrument de contrôle cérébral jamais conçu ». Lors d’un entretien en juillet 2003, un spécialiste des armes à hyperfréquence, à qui je demandais pourquoi il n’avait pas de téléphone portable m’a répondu :
« Je pense que les téléphones portables sont le support d’un système de contrôle cérébral mis en place par les américains » ».
http://rustyjames.canalblog.com/archives/2014/01/08/28903598.html
Rappel : Les relevés de HAARP sur l’Europe, montre que l’action est désormais permanente (ou quasi), même si la nature de cette action est modulée d’un jour à l’autre…

– Marche mondiale pour un ciel sans chemtrails du 25 janvier 2014
Par Jeannine : « Je suis allée à cette manifestation très intéressante, de nombreux panneaux informatifs étaient placés. J’ai particulièrement apprécié les dessins d’enfants ; en 1982, Manuel dessine une maison et un ciel bleu avec quelques beaux nuages blancs comme des moutons et un Soleil jaune radieux. En 2012, Maria dessine le même genre de maison mais le ciel est parcouru de lignes d’avions et le Soleil est devenu blanc ! Le panneau représentant le changement climatique depuis les années 90 était aussi fort intéressant, car il montre qu’on est loin de la prétendue augmentation des températures. La période la plus chaude connue en Europe se situe entre les années 1000 et 1350, ensuite il montre un déclin important pour entrer dans « le petit âge glaciaire » et en sortir doucement après les années 1900. On est loin des températures catastrophiques annoncées, encore loin des maximums des années 1000 !
Ce qui m’a interpellée, c’est l’absence de Monsieur Peter Vereecke, Président du Belfort Group (dossier Case Orange). Les organisateurs m’ont expliqué qu’il fait l’objet d’une poursuite judiciaire : « Peter Vereecke, président du Belford Group Belge représentant plus de 3000 membres, est l’objet d’une poursuite judiciaire pour avoir envoyé différentes lettres et courriels aux politiciens et instituts responsables, pour les alarmer sur les dangers de la vaccination sauvage et les chemtrails. En 2012, un médecin téléphone à Peter Vereecke pour l’inviter à se présenter pour un examen psychiatrique. Était-ce avec intention de le faire interner ? Il n’a pas répondu et le 15 janvier 2014, il a dû comparaître devant le tribunal de Gand pour diffamations alléguées envers ces politiciens et services. En 2010 Peter Vereecke a établi le dossier Case Orange, un dossier dans lequel on explique beaucoup sur les chemtrails. Ce dossier a été balayé de la table par le Gouvernement et les médias comme étant le fruit de son imagination ». ».
Vidéo d’un entretien avec Peter Vereecke, en anglais, avec bonne traduction française : Selon Peter, une élite cherche à nous contrôler et à nous manipuler…

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http://www.youtube.com/watch?v=pWVFodWh5B0 (31 mn 35, activer les sous-titres en français)

– Les chemtrails pour les Nuls http://www.agoravox.fr/actualites/environnement/article/les-chemtrails-pour-les-nuls-146597

– HAARP :

Ceci devrait vous mettre la puce à l’oreille, si vous êtes encore dubitatifs…

http://www.dailymotion.com/video/x777w5_i-tele-haarp-docu_tech (8 mn)

– Et notre dossier « HAARP & Co » :
La lecture de ce dossier « HAARP & Co » ne devrait pas vous laisser indifférents, car après, il sera difficile de nier cette réalité, d’autant plus qu’une place importante est laissée à ceux qui cherchent à « noyer le poisson ». On retrouve dans cette catégorie, les défenseurs de la version officielle (totalement fantaisiste) du « 11 septembre », et d’une façon générale, de tous les coups les plus tordus que les prédateurs de l’ombre nous servent depuis des lustres. Vous devrez donc ouvrir ce dossier pour vous forger votre propre opinion, voire votre conviction. Mais vous pouvez aussi le repousser d’un revers de manche et regarder ailleurs, voire rejoindre le camp des collaborateurs zélés du « système »… Si vous lisez ces lignes, c’est que vous n’êtes pas dans cette optique, alors, il nous reste à vous souhaiter bon courage, car ce n’est vraiment « pas triste »… bien que ça ne fasse pas rire du tout… Certes, ce n’est pas ici que nous ferons le tour de la question, et tel n’est pas notre objectif.
Ce dernier est « simplement » la recherche permanente de la vérité… Et pour cela, nous devons toujours adopter les méthodes policières (qu’au moins les multiples séries TV du genre, servent à quelque chose…).
Entre deux possibilités, privilégier la plus utile pour la défense de nos intérêts, et non pas celle qui nous fait plaisir, par peur de devoir remettre en cause trop de “certitudes”, par manque de courage aussi… Il est toujours temps de reconsidérer notre hypothèse sur une base plus… conventionnelle…
La plus grande erreur est de se dire « non, ce n’est pas possible, “ils” ne seraient pas capables de faire une telle horreur ! ».
Or, depuis des lustres, toute l’Histoire de l’Humanité prouve que SI, “ils” en sont capables. http://vivresansogm.org/piecesjointesdes/h-a-a-r-p-co.pdf

*Le plus grand cover-up de tous les temps : Le Soleil est devenu blanc !

« Contrairement aux idées reçues, vu de l’espace le Soleil est blanc car il émet de la lumière dans tous les spectres. Autrefois, l’atmosphère absorbait une fraction de ce rayonnement, ce qui donnait une teinte jaune du Soleil. Désormais, à cause de l’affaissement du champ magnétique terrestre, nous recevons tous les rayonnements et nous le percevons alors d’après sa couleur véritable. Beaucoup d’observateurs du monde entier ont constaté que le Soleil a augmenté sa luminosité, au point d’être aveuglant aux heures des levers et couchers, et ce contrairement aux années précédentes. Certains affirment que ce qui arrive au Soleil est tout simplement dû à une force magnétique excitant les éléments en fer dans le noyau du Soleil, ce qui réduit le facteur d’amortissement des éléments lourds et augmente le taux de fusion. D’autres prétendent que des années de pulvérisation de chemtrails dans le ciel ont affecté le spectre de la lumière, voire même, emporté au loin la couche d’ozone. D’autres affirment que le Soleil brûle ses dernières couches de gaz et va bientôt commencer à devenir noir. Un Soleil plus chaud, plus lumineux, plus blanc avec plus d’éclat, est maintenant observé par le public, mais pourquoi nier que le Soleil avait pour habitude d’être jaune ? Auparavant il fallait deux semaines pour qu’un journal laissé au Soleil se mette à jaunir. Maintenant, il suffit d’un seul jour.

La lumière du Soleil dans les années 1960 et 1970 était beaucoup plus jaune et on ressentait de la chaleur. Maintenant, on dirait du papier de verre ou une sorte d’abrasion photonique. La lumière du Soleil d’aujourd’hui semble fausse et artificielle, comme si le ciel était un écran LED, avec des images superposées. Le changement dans la qualité de la lumière du Soleil équivaut la différence qu’il y a entre la lumière d’une ampoule à incandescence et celle d’une ampoule halogène. Tout ceci apparaît comme surréaliste et provenant d’un autre monde. C’est comme si le Soleil, le ciel et l’air, ont récemment été physiquement et chimiquement conçus pour une race autre que l’homme. ». http://leschroniquesderorschach.blogspot.fr/2012/10/le-plus-grand-cover-up-de-tous-les.html

source : Artémisia Collège a plus de 28 ans, c’est une association loi 1901 sans but lucratif.

Elle a été enregistrée le 11/10/1985 sous le n° 3357, le 27/12/04 sous le n° 1932 et modification le 12/06/08 sous le n° W651000217
C’est une association pour l’enseignement et la promotion des sciences et techniques naturelles de santé physique et psychique, en particulier l’aromatologie.

Pour le développement et la promotion des produits biologiques, des énergies renouvelables. Pour la défense de l’environnement et l’écologie.
Pour rechercher et défendre la vérité dans tous les domaines.

NB : il faut télécharger les PDF sur votre ordinateur pour que les liens hypertextes soient actifs !